Air intérieur: moisissures, virus et nanoparticules à Primequal

Le 20 octobre 2016 par Marine Jobert
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Les mannequins thermiques qui simulent les élèves.
Les mannequins thermiques qui simulent les élèves.
DR

Les sources de pollution à l’intérieur des bureaux, des salles de classe ou des hôpitaux sont nombreuses et complexes à caractériser et évaluer. Le programme Primequal organisait cette semaine un colloque de restitution de ses travaux.

Dans le cadre du programme Primequal[1], un colloque de présentation des travaux de recherche autour de la qualité de l'air intérieur dans les nouveaux bâtiments s’est tenu à Marseille les 18 et 19 octobre. En 2011 était lancé un appel à projets de recherche inspiré des mutations en cours dans le secteur de la construction, confronté au défi de l’adaptation au changement climatique et de la sobriété énergétique. Architecture, isolation, étanchéité à l’air de l’enveloppe, systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation… «Autant de modifications qui ré-interpellent l’ensemble des exigences fondamentales des occupants: confort, hygiène, santé», souligne Séverine Kirchner, la présidente du Conseil scientifique Primequal et directrice adjointe de la direction Santé Confort au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). Echantillon des 8 projets présentés.

Recueillir des données exploitables

Comment rendre compte de l’exposition cumulée à des polluants –et notamment aux composés organiques semi volatils (COSV), comme les phtalates, les pesticides, les retardateurs de flamme bromés- en l’absence de tout indicateur toxicologique pertinent? C’est l’objet du Projet Ecos-Tox: il s’interroge sur ce qui se passe lorsque l’on est soumis à plusieurs expositions successives de faible dose, par des COSV différents (et qui ont la capacité à se retrouver à la fois dans les phases gazeuse et particulaire de l’air et dans les poussières déposées), mais dont les mécanismes ou les conséquences sanitaires sont similaires. Le principal écueil, concluent les chercheurs, réside dans le recueil de données exploitables et suffisamment comparables «pour permettre un calcul d’indicateurs toxicologiques cumulés permettant une utilisation opérationnelle en évaluation des risques».

A 3 mètres d’un malade

Après un détour par un centre de lutte contre le cancer où a été mené pendant deux ans un suivi microbiologique (particules fongiques, endotoxines, (1,3)-ß-D glucanes) par des scientifiques de l’université de Caen Normandie, des chercheurs du CSTB ont posé leurs capteurs dans une salle de classe factice pour y traquer les diffusions des virus, tant interpersonnelles qu’environnementales. Outils: des mannequins thermiques pour recréer la chaleur des élèves et des simulateurs d’émissions oropharyngées (capables de générer les gouttes inhalables produites par la respiration, la parole et la toux). Les résultats montrent qu’il vaut mieux se tenir à au moins 3 mètres d’un sujet qui expectore, que l’augmentation de la température et de l’humidité sont délétères pour les virus, que certains matériaux comme le cuivre et le linoleum (et à moindre échelle le mélaminé), ont un effet virucide et que l’eugénol (composé majeur de l’huile essentielle de clou de girofle) se révèle efficace vis-à-vis de l’inactivation des agents viraux.

Champignons et moisissures

Le projet Airin propose une analyse de la construction de la politique ‘de l’air intérieur’ durant les trois dernières décennies dans différents espaces sociaux: l’univers du droit et des institutions publiques, le champ de l’expertise et des institutions savantes, l’espace médiatique, les mobilisations et les mises en œuvre locales des politiques publiques. Le projet Mycotoxicose s’est penché sur le développement d’outils métrologiques pour caractériser l’exposition des populations aux mycotoxines présentes dans l’air et mieux surveiller les environnements contaminés par les moisissures, quand le projet Biohospilair portait sur la connaissance et la maîtrise de l’exposition fongique en milieu hospitalier.

Matériaux photocatalytiques

La hiérarchisation des phénomènes physiques et chimiques en lien avec la présence de polluants en air intérieur dans des bâtiments énergétiquement performants et recevant du public, comme les établissements scolaires, était l’objet du projet Mermaid. Le projet IMP-AIR s’est attaché à l’évaluation de l’impact des matériaux photocatalytiques sur la qualité de l’air intérieur, avec des connaissances nouvelles sur l’émission de nanoparticules manufacturées, observée dans certaines conditions d’usage et sur la formation de sous-produits réactionnels secondaires issus de l’activité photocatalytique de ces matériaux.

 



[1] Primequal est mis en œuvre par le ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer (MEEM) et par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

 



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