Air intérieur: long processus pour définir des niveaux de référence

Le 07 mars 2008 par Agnès Ginestet
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Une priorité du Plan national santé environnement (PNSE), reprise lors du Grenelle de l’environnement, est la réduction des émissions de substances nocives par les matériaux de construction pour limiter la pollution intérieure. Un protocole a déjà été mis au point, mais des niveaux de référence restent à définir, qui permettent d’évaluer les risques sanitaires.

C'est en octobre 2004 que l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) s'est autosaisie de l'élaboration de valeurs-guides de qualité d'air intérieur (VGAI). Il s'agit de la concentration dans l'air d'une substance chimique, associée à un temps d'exposition, en dessous de laquelle aucun effet sanitaire n'est en principe attendu pour la population. En partenariat avec le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), l'agence a mis en place un groupe de travail chargé de définir des VGAI pour des substances prioritaires, qui a publié en septembre 2007 un document-cadre et des éléments méthodologiques sur les VGAI (1).

Cette démarche inclut une analyse des valeurs utilisées à l'international – par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Agence de protection de l'environnement américaine (EPA)… –, et la mise au point d'une liste des polluants à traiter en priorité, en croisant la liste de substances de l'Observatoire de qualité d'air intérieur (OQAI), et celle du groupe de travail Index (2) de la Commission européenne.

Au final, 12 substances prioritaires ont été retenues (3). «Il faut un ou deux ans de travaux sur chaque substance pour aboutir à une valeur guide», précise Christophe Rousselle, responsable de l'unité toxicologie du département des expertises en santé-environnement-travail à l'Afsset. Pour l'instant, seuls le formaldéhyde et le monoxyde de carbone ont leurs VGAI, et selon Marion Keirsbulck, chargée de projets scientifiques «air intérieur» à l'Afsset, celles du benzène et du trichloroéthylène sont en cours de finalisation.



Afin de mesurer les émissions polluantes provenant de produits de construction (revêtements de sol, murs, plafonds…) et de les évaluer en fonction de critères sanitaires, une méthode a été mise au point pour le formaldéhyde et les composés organiques volatils (Cov) – dont font partie le benzène et le trichloroéthylène (4). Selon Pierre Lecoq, chargé de projets scientifiques à l'Afsset, les matériaux jugés faiblement émetteurs peuvent ainsi être identifiés. Un étiquetage pourrait être envisagé en se basant sur des critères sanitaires: la méthode d'évaluation prend en compte les valeurs de référence disponibles pour chaque substance (valeurs guides, valeurs limites d'exposition professionnelles…), mais, au fur et à mesure qu'elles sont définies, les VGAI sont retenues car considérées comme étant les valeurs les plus pertinentes.

Ce protocole se base sur celui de l'European collaborative action (ECA) et sur celui de l'AgBB, en vigueur en Allemagne où l'évaluation des émissions de Cov des revêtements de sols est devenue obligatoire. «En France, il existe des fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) de produits de construction. Les industriels sont incités à déclarer les émissions de leurs produits sur la base Inies, mais ce n'est qu'une démarche volontaire», indique Christophe Rousselle.



(1) «Valeurs guides de qualité d'air intérieur: document cadre et éléments méthodologiques»





(2) «Critical Appraisal of the Setting and Implementation on Indoor Exposure Limits in Europe Union», décembre 2004





(3) Formaldéhyde, benzène, monoxyde de carbone, particules fines de diamètre inférieur à 10 micromètres, naphtalène, phtalate de di(2-éthylhexyle), dioxyde d'azote, acétaldéhyde, trichloroéthylène, tétrachloroéthylène, ammoniac et radon





(4) Risques sanitaires liés aux composés organiques volatils dans l'air intérieur, octobre 2006




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