Air intérieur: la question de la ventilation se pose

Le 18 juin 2008 par Agnès Ginestet
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Alors que le Grenelle de l’environnement a été fortement axé sur les économies d’énergie dans le bâtiment, la question de la santé des occupants se pose. Elle dépend notamment de l’aération des pièces, dont l’Observatoire de qualité de l’air intérieur (OQAI) a dressé un état des lieux national.

Confort thermique et bonne santé de l’occupant, réduction de l’impact environnemental et de la facture énergétique: allier ces quatre paramètres à la fois n’est pas chose simple. Alors que les objectifs fixés dans le cadre du Grenelle de l’environnement impliquent un confinement de plus en plus important des bâtiments, une équipe de l’OQAI a réalisé un état des lieux de l’aération des logements qui détermine en partie la présence de polluants dans les pièces de vie. Se basant sur les données de la campagne nationale sur la qualité de l’air dans les logements français réalisée entre 2001 et 2005, elle s’est efforcée de décrire le mieux possible la ventilation en place dans les 567 logements utilisés comme un échantillon représentatif des 24 millions de résidences principales en France. Les résultats ont été présentés le 16 juin lors d’un atelier de l’OQAI sur la ventilation.

Il apparaît que la moitié des logements pris en compte ont été construits avant 1967, donc avant que les réglementations sur l’aération soient mises en place. Les premiers textes instaurant une ventilation générale et permanente obligatoire datent en effet de 1969 et 1982. Près de 20% des logements construits après 1975 ne respectent pas ces deux réglementations. Autre constat de l’étude: la ventilation mécanique contrôlée (VMC) et la ventilation naturelle sont à elles deux présentes dans environ 70% du parc de logements. Mais la VMC est, selon la responsable des études à l’OQAI Séverine Kirchner, un système qui doit gagner en fiabilité et robustesse car 56% des logements étudiés, en particulier ceux construits entre 1969 et 1982, présentent un débit total minimal non réglementaire.

L’OQAI a par ailleurs estimé les niveaux de CO2 et le débit de renouvellement d’air nocturne dans les chambres à coucher. Les logements construits après 1982 présentent des débits plus faibles et homogènes. Globalement, les débits sont similaires quel que soit le système de ventilation en place ou non sur l’ensemble des logements considérés (VMC, aucun dispositif,…). L’étude montre également que le rôle de l’occupant du logement est prépondérant. Ainsi, ouvrir la porte ou bien la fenêtre d’une chambre à coucher pendant la nuit améliore le débit de renouvellement d’air nocturne, indépendamment du système de ventilation présent.

Cet état des lieux sera complété par «l’analyse des relations entre les situations de ventilation et la qualité de l’air observée afin d’identifier les situations les plus protectrices en termes d’aération». Toutefois, des données déjà obtenues montrent que le renouvellement de l’air nocturne dans une chambre a peu d’effet sur les concentrations en formaldéhyde généré par toutes sortes de produits dans une maison. «La ventilation a un impact, mais il faut surtout diminuer les sources», a ainsi indiqué Séverine Kirchner. Des travaux sont actuellement menés sur les déterminants du formaldéhyde, ainsi que sur la relation entre la ventilation, la pollution et l’humidité.

Finalement, pour Alain Maugard, président du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), il est impératif que «le dossier de la ventilation avance aussi vite que celui de l’énergie». «Il faut que nous ayons des connaissances sur la qualité de l’air intérieur pour pouvoir contrôler la ventilation ‘voulue’», a-t-il précisé.




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