Air intérieur et petite enfance: ouvrez les fenêtres!

Le 13 juin 2013 par Marine Jobert
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Les fournitures scolaires peuvent être très émettrices de substances toxiques.
Les fournitures scolaires peuvent être très émettrices de substances toxiques.
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A la pause, les participants à la demi-journée d’études organisée ce 13 juin par l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) sur le thème de la qualité de l’air dans les écoles ont ouvert en grand les fenêtres de la salle de réunion. Une précaution minimum, après l’avalanche de données assez inquiétantes dont plusieurs équipes de recherche se sont fait l’écho sur la qualité de l’air respirée par les quelque 7 millions d'enfants qui fréquentent les crèches et les écoles. Avec leur taux d’occupation élevé, leur mobilier dense, où sont utilisés quantité de produits d’entretien et de fournitures variées, ces enceintes sont riches en polluants divers.

 

L’enjeu est tout autant sanitaire que scolaire, puisque la qualité de l’air intérieur rejaillit sur la santé des enfants (asthme, maux de tête, eczéma, etc.), mais aussi sur leurs résultats académiques. A tel point qu’Isabella Annesi-Maesano, de l’Inserm/Institut Pierre et Marie Curie, a pu parler de «syndrome de l’école malade», un décalque du «syndrome du bâtiment malsain», dans lequel les personnes exposées souffrent de symptômes non spécifiques qui disparaissent ou s’améliorent à la maison. Une piste mise en évidence lors de l’étude Sinphonie, menée au plan européen dans 25 pays, 54 villes, 311 classes et plus de 5.000 enfants, et qui vise à étudier les relations entre environnement scolaire et santé.

Dans les salles de classe et dans la cour de l’école, air[1] et paramètres d’ambiance[2] ont été mesurés. Les enfants ont également été soumis à deux tests de logique et de calcul mental à deux moments d’une même journée, en début de matinée et en fin d’après-midi, pour mettre en relation qualité de l’air intérieur et performances scolaires. Les résultats de l’étude européenne pourraient être rendus publics en septembre prochain, après validation par la direction générale de la santé et des consommateurs de la Commission européenne.

 

Ecoles et crèches sont truffées de «nouveaux produits», explique Barbara Le Bot, de l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), comme les matériels électroniques ou les sols synthétiques, qui émettent des composés organique semi volatils. «Ils sont émis à de faibles concentrations et se redéposent sur les surfaces et dans les poussières, ce qui induit une persistance de ces polluants.» Au final, sur les 55 molécules investiguées dans des écoles rennaises, 8 ont toujours été quantifiés (6 phtalates et 2 muscs, souvent utilisés pour agrémenter les produits d’entretien).

Les émissions et la composition des fournitures scolaires sont extrêmement peu étudiées, a constaté Mickaël Derbez, du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) lorsqu’il s’est livré à une revue de littérature. Dix-huit produits ont été retenus[3], dont les émissions ont été confrontées aux composition telles que diffusées par les industriels… quand ils se plient à l’exercice. «Il n’y a que très peu de données pour la plupart des fournitures scolaires et les fiches de données de sécurité donnent également peu d’information», détaille Cécilia Sagol, de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Les résultats accumulés par l’OQAI amène celle-ci à lancer un appel à la prudence pour la peinture acrylique, l’encre de Chine, le feutre effaçable à sec, la gouache liquide et la peinture vitrail, «car des émissions en COV et/ou en aldéhydes élevées ont été mesurées». L’OQAI appelle donc à ce que soit mis en place un étiquetage des produits «permettant un choix éclairé des utilisateurs dans un contexte où les informations tant sur les compositions que sur les émissions sont rares et peu accessibles pour le grand public».

 

Quelques précisions ont été apportées sur la campagne nationale de mesures lancées en juin dans les écoles maternelles et élémentaires pour approfondir la connaissance des niveaux d’exposition des enfants aux polluants de l’air et des poussières dans les salles de classe et de repos. La collecte des données –prévue en deux vagues de 2013 à 2016- et le coût de cette collecte -2.600 euros par école- semblent en avoir laissé plus d’un dubitatif quant à la faisabilité de l’expérience dans les temps impartis. A fortiori dans un contexte de fortes incertitudes métrologiques.

 

 



[1] Aldéhydes, composés organiques volatils, ozone, dioxyde d’azote, particules PS2,5, radon

[2] Température, humidité relative, concentration en CO2, monoxyde de carbone

[3] Pinceau, papier, gommettes adhésives, feutres, encre de Chine, peinture, pâte à modeler, etc.

 



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