Air France: la sécurité mise en cause

Le 28 février 2005 par Christine Sévillano
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La chute mortelle le 1er février d’une hôtesse de l'air provoque une polémique sans précédent sur la question des responsabilités. Aujourd'hui, malgré certaines révélations de nos confrères, aucun fait n'est clairement et officiellement établi. Une enquête judiciaire est en cours et le rapport de l'inspection du travail sur les escaliers en cause n'est pas définitif.

Une chute mortelle suivie d'un rapport polémique sur la sécurité et Air France doit faire face à une grève. Mais qui est responsable du retrait de l'escalier mobile alors qu'une hôtesse s'y trouvait encore? La compagnie aérienne dont les procédures de sécurité sont insuffisantes ou son employé qui a retiré la passerelle? Selon Air France, "l'agent ayant retiré l'escalier n'aurait respecté aucune des actions de sécurisation préalables au retrait de cette passerelle". La procédure de sécurité consiste en effet dans un premier temps à retirer les rambardes de sécurité entre l'escalier et l'avion, à s'assurer que la porte de l'avion est fermée et à mettre en place les dispositifs d'interdiction d'accès à l'escalier. Selon la compagnie, aucune de ces dispositions n'a été mise en oeuvre, alors qu'une seule aurait permis d'éviter l'accident. Les syndicats dénoncent pour leur part un manque de réglementation sécuritaire.

Un rapport de l'inspection du travail sur les passerelles mobiles utilisées par Air France est en cours d'achèvement. Au ministère chargé des transports, on assure que ce travail n'a pas pour but de déterminer les causes de l'accident, mais de contrôler les normes de sécurité de ces appareils et au besoin, de formuler des recommandations. Si l'inspecteur estime que certaines mesures doivent être obligatoirement prises par l'entreprise, il peut faire une injonction. Dans ce cas, s'ouvre une procédure devant les tribunaux, et l'entreprise peut répliquer judiciairement. Le rapport de l'inspection du travail concernant Air France n'est pas définitif puisqu'il n'a pas été notifié à l'entreprise. Les suites éventuelles de l'affaire sont donc pour l'instant inconnues.

Pourtant les quelques remarques du texte provisoire lues par le ministre chargé des transports, Gilles de Robien, sont saillantes. Il a évoqué le débranchement systématique des alarmes sonores de recul des escaliers autotractés ou l'insuffisance d'utilisation, voire l'absence de portillons hauts et bas. Défaut de réglementation en matière de sécurité, insuffisance des procédures d'Air France ou erreur humaine, ce rapport fera peut-être la lumière sur certains aspects de cet accident, mais c'est l'information judiciaire demandée la semaine dernière par le parquet de Créteil qui apportera les éléments les plus probants.




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