Air: des efforts, mais doit mieux faire

Le 15 mai 2017 par Marine Jobert
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La marge de progression est importante.
La marge de progression est importante.
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Depuis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’a classé comme cancérogène avéré, impossible de mettre sous le tapis la question de la qualité de l’air extérieur. Et le scandale des logiciels truqueurs de Volkswagen a contraint un peu plus encore le politique à s’emparer de cette question de santé publique, qui cause la mort de 55.139 Français par an, selon Bruxelles.

Même si les eurodéputés l’ont accueillie avec une certaine rudesse lors d’une audition à Strasbourg, Ségolène Royal a fait montre de volontarisme dans le volet français du scandale des logiciels truqueurs en mettant sur pied une commission technique indépendante, dont le rapport rendu l’été 2016 a conclu que 86 véhicules ne respectaient pas les promesses d’émission affichées par les constructeurs. Depuis, ce ne sont pas moins de 4 constructeurs (Volkswagen, Renault, Fiat-Chrysler et le groupe PSA) qui sont visés par une enquête ouverte par le pôle Santé publique du parquet de Paris. Pour autant, l’alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence n’a pas été retenu, au profit d’une hausse limitée à un centime d’euro par litre en 2016 et 2017, contre une baisse d’1 centime de la taxation de l’essence.

NO2 en procès

La France pourrait finir devant la Cour de justice si elle ne redresse pas la barre sur le dioxyde d’azote, a prévenu la Commission en février 2017, dans 19 zones du pays, dont Paris, Marseille et Lyon. Quant aux émissions d’ozone, elles sont reparties à la hausse en 2015, quand les concentrations des 12 polluants règlementés ont diminué, mais le plus souvent dans des proportions plus faibles que pour les émissions. Un décret a été publié le 10 mai, qui fixe les objectifs nationaux (souvent peu ambitieux) en matière de réduction des émissions de certains polluants atmosphériques pour les années 2020, 2025 et 2030. Il est notamment prévu de lancer une campagne de surveillance des pesticides dans l’air, déjà confiée à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).

17.712 décès évitables

La multiplication des pics de pollution pendant l’hiver 2017 a contraint Roquelaure à écouter les demandes des maires. Anne Hidalgo réclamait notamment qu’il soit tenu compte de la persistance de l’épisode pour les pollutions à l’ozone, jusqu’ici réservée aux particules fines. Jamais testée jusqu’alors, la circulation différenciée –sur la base de la vignette Crit’Air, dont le caractère obligatoire est laissé à la discrétion des maires- a apporté la preuve de son efficacité, du moins par rapport à la circulation alternée. Pendant l’épisode de circulation différenciée mise en œuvre à Paris du 23 au 25 janvier dernier, moins de voitures ont été interdites que lors de la circulation alternée testée précédemment, mais la baisse des émissions de particules fines et d’oxydes d’azote s’est révélée équivalente. Reste que les seuils de déclenchement des procédures d’information et d’alerte sont toujours fixés bien en-deçà des recommandations de l’OMS. Dommage: 17.712 décès pourraient être évités chaque année si les préconisations de l’instance onusienne étaient respectées, comme l’a montré une comparaison par Santé Publique France des conséquences sur l’espérance de vie de plusieurs scénarios de réduction des concentrations en particules fines dans l’air,.

L’Etat, pingre pour les AASQA

Côté organismes de mesure, les associations agréées pour la surveillance de la qualité de l'air (Aasqa) n’ont pas eu que des sujets de satisfaction pendant ce quinquennat. Certes, en chiffres absolus, la part de l’Etat versée aux Aasqa entre 2012 et 2016 a augmenté, passant de 14,7 à 15,1 millions d’euros, mais les dotations de l’Etat ont effectivement diminué de 37 à 30%, et celles des collectivités de 27 à 20%, quand on les compare à l’évolution du budget des Aasqa dont le budget de fonctionnement est passé de 49 à 55 M€. Aujourd’hui, les industriels, qui contribuent le plus au budget des Aasqa (à hauteur de 48%), voudraient voir pérenniser leurs financements. Les associations attendent également que les agriculteurs et le secteur des transports paient leur écot, au titre du principe pollueur-payeur. Pour l’heure, le secteur agricole bénéficie de subventions pour réduire ses émissions d’ammoniac –émis à 97% par l’agriculture-, qui font l’objet d’un plan de 2 millions financé par l’Ademe.

L’encens sous haute surveillance

Avec François Hollande, fini les soirées romantiques sans arrière-pensée, enveloppé d’encens des îles, à la lumière de bougies parfum Barbapapa. Un décret, annoncé dès 2013, vient d’être opportunément publié ce 10 mai, qui impose un étiquetage sur les produits désodorisants à combustion (c'est-à-dire les bougies parfumées, l'encens, etc.) mis sur le marché français à partir du 1er janvier 2019. Il est rappelé certaines nécessités, comme aérer les locaux après utilisation et ne pas inhaler directement la fumée que ces produits génèrent. Une nouvelle campagne nationale de mesure de la pollution de l’air dans les logements va être organisée en 2017, qui viendra appuyer la remise à jour des méthodes d’élaboration de valeurs-guides de qualité de l’air intérieur à laquelle s’est attelée l’Anses.

 



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