Air: chères PM2,5

Le 11 décembre 2017 par Marine Jobert
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Moins de particules, moins de morts.
Moins de particules, moins de morts.

Appliquer les seules recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de particules fines 2,5 permettrait d’éviter la mort de plus de 17.000 personnes et à la collectivité d’économiser 53 milliards d’euros par an.

En 2016, Santé publique France (SPF) s’était demandé qui, de l’Union européenne, de l’Etat français ou de l’OMS, protégeait le mieux les Français de la mauvaise qualité de l’air. Les chercheurs avaient analysé les gains en santé de ces scénarios d’amélioration de la qualité de l’air, permettant d’établir combien de mois d’espérance de vie à 30 ans sont perdus en fonction des valeurs de particules fines PM2,5. Ils en avaient conclu que «les économies associées en matière de santé seraient plus importantes que les coûts des mesures visant à réduire les émissions et les niveaux de pollution dans l’air». Avec l’étude qu’elle vient de publier, l’école d’économie d’Aix-Marseille le confirme, chiffres à l’appui.

Cette ‘valeur d’évitement d’un décès’ est calculée sur la base d’enquêtes auprès de la population, au cours desquelles est recueilli le consentement à payer pour diminuer la probabilité de décès sur la base de scénarios hypothétiques. Le montant qui en résulte représente des pertes de bien-être collectif. Cette méthode est de plus en plus utilisée par les agences européennes. Le choix de retenir la mortalité est par ailleurs restrictif, puisque le recours aux soins et la baisse de qualité de vie des personnes qui ont une maladie chronique souvent grave liée à la pollution (asthme, cancer du poumon, maladies cardiovasculaires, etc.) n’ont pas été étudiés.

3 millions par existence écourtée

Olivier Chanel a repris les 4 scénarios étudiés par SPF et constaté l’évidence: plus les réductions de particules fines sont exigeantes, plus le nombre de décès diminue et plus l’impact monétaire est élevé. Même s’il est «toujours délicat de donner une valeur économique à la mortalité, il s’agit pourtant d’un préalable difficilement contournable quand on cherche à évaluer l’impact économique des politiques publiques», précise le chercheur, qui a retenu comme ‘valeur d’évitement d’un décès’ la somme de 3 millions d’euros (voir encadré).

53 milliards par an

Ainsi, pour le scénario dit ‘OMS’, qui permettrait de sauver 17.712 vies par an en ne dépassant pas la valeur-guide de l’OMS (10 microgrammes par mètre cube -?g/m3- en moyenne annuelle), ce seraient 53 Md€ par an qui seraient «économisés». Un chiffre cohérent, note le chercheur, avec d’autres estimations (OMS, rapport sénatorial, Banque mondiale).

L’UE dans les choux

Moins ambitieux, l’application du scénario dit ‘Grenelle de l’environnement’ (15 ?g/m3) permettrait en moyenne de gagner trois mois d’espérance de vie, avec 3.094 décès évités chaque année. Un chiffre atteint avec une baisse moyenne de 1,3 ?g/m3 dans les communes qui dépassent la valeur de 15 ?g/m3 ? (majoritairement dans les plus grandes agglomérations), -un dépassement qui coûte aujourd’hui à la collectivité quelque 9 Md€/an. Dernier scénario: le respect des normes européennes, qui permettrait d’éviter 11 décès par an et 33 M€/an. Des calculs, espère le chercheur, qui apporteront «un argument supplémentaire sur le besoin de réduire l’exposition des personnes à la pollution de l’air».

 

 



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