Air: 15 villes passent à la zone à faibles émissions

Le 09 octobre 2018 par Marine Jobert
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Les 15 villes concernées par la ZFE.
Les 15 villes concernées par la ZFE.

D’une efficacité variable selon les contraintes imposées aux automobilistes, les zones à faibles émissions (ZFE) vont être obligatoires en 2020 dans les villes concernées par des dépassements réguliers des normes de qualité de l’air.

Seront-elles efficaces contre la pollution de l’air qui tue et rend malades leurs habitants? 15 villes ont annoncé ce 8 octobre qu’elles allaient instituer des ZFE, qui ont succédé aux zones à circulation restreinte (ZCR), aux zones à basses émissions (ZBE) et aux zones d’actions prioritaires pour l’air (ZAPA). Soit des périmètres, laissés à leur libre appréciation, dans lesquels elles pourront réglementer, voire interdire la circulation de certaines catégories et classes de véhicules, selon des modalités horaires laissées à leur convenance, et selon des règles dont elles détermineront le temps et les dérogations. L’Etat s’est engagé à apporter son soutien dans le cadre des travaux préparatoires à ces ZFE et à «mettre en place les mesures réglementaires nécessaires pour permettre un développement et un fonctionnement efficaces des zones» via la loi sur les nouvelles mobilités.
10 millions de Crit’Air
La loi en préparation contraindra toutes les agglomérations de plus de 100.000 habitants et celles concernées par un plan de protection de l’atmosphère (PPA) à évaluer l’opportunité de mettre en place une ZFE. Celles concernées par des dépassements réguliers des normes de qualité de l’air y seront obligées avant le 31 décembre 2020. L’une des mesures-clés du succès des ZFE réside dans la capacité des municipalités à faire respecter les prescriptions. Un cadre juridique adapté et le lancement d’une mission spécifique sont au programme, annonce le ministère des transports, pour automatiser le contrôle (type lecture de plaque d’immatriculation). A ce jour, seules Grenoble et Paris en ont institué –et Strasbourg vient de lancer le processus– en s’appuyant sur le système des vignettes Crit’Air (10 millions de vignettes délivrées). A l’échelle européenne, 220 villes ont déjà opté pour ces zones.
L’air intérieur s’en ressent
Dans la capitale, Airparif a publié en mars 2018 une évaluation des impacts sur les émissions du trafic routier, la qualité de l’air et l’exposition des populations. Sans surprise, l’augmentation du nombre de véhicules polluants exclus est corrélée avec la baisse des émissions de NOx et de particules fines (PM 10 et 2,5). Et ce, aussi bien dans la zone concernée par la ZFE qu’en sa périphérie, «du fait de l’impact du renouvellement accéléré du parc technologique au-delà de la ville». Tous scénarios et périmètres confondus, «l’évolution de la qualité de l’air avec la mise en œuvre de la ZFE entraîne ainsi une baisse significative du nombre d’habitants exposés aux plus fortes teneurs de dioxyde d’azote par rapport au ‘fil de l’eau’ [sans ZFE]». Et la qualité de l’air intérieur s’en ressent aussi. Airparif a modélisé les concentrations d’oxydes d’azote dans les 8.255 établissements d’Ile-de-France recevant du public ‘sensible’. Dans un scénario ‘au fil de l’eau’, 27% des établissements seraient exposés à des niveaux qui ne respectent pas la réglementation pour le dioxyde d’azote; un chiffre qui passe à 4% avec une ZFE intra-muros et à 1,5% avec une ZFE qui s’arrête à l’A86. L’étude s’achève sur le constat que le seul levier ZFE ne peut à lui seul résoudre la complexe problématique de la pollution de l’air. Notamment pour atteindre les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les particules –avec la pollution majeure du chauffage résidentiel.  
 

 



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