Agroécologie vs agriculture climato-intelligente: le match se précise

Le 02 octobre 2015 par Romain Loury
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David contre Goliath?
David contre Goliath?
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L’agriculture climato-intelligente, un paravent pour l’industrie des engrais? Pour les associations, le concept est une tentative de «greenwashing» des industriels de l’agriculture.

A l’approche de la COP21, nul doute que les attaques vont s’intensifier. Dernière en date, celle de l’association GRAIN, qui dans un rapport publié mercredi 30 septembre dénonce la place de l’industrie des engrais dans l’Alliance mondiale pour une agriculture climato-intelligente (Gacsa), lancée en septembre 2014 à New York.

Outre trois grandes entreprises (la Norvégienne Yara, l’Américaine Mosaic et l’Israélienne Haifa Chemicals), la Gacsa compte en son sein plusieurs groupes de lobbying, dont Fertilisers Europe, et diverses ONG financées par l’industrie. En tout, 60% des membres de la Gacsa issus du secteur privé ont un lien avec elle. Ce qui fait un peu désordre, alors que les engrais sont responsables de 10% des émissions de gaz à effet de serre, principalement du protoxyde d’azote (N2O).

355 associations au créneau

Le 21 septembre, 355 associations, dont Greenpeace, Action contre la faim et Attac, ont publié une lettre ouverte en faveur de l’agro-écologie, mettant clairement en garde contre l’agriculture climato-intelligente, qui «ne précise en aucun cas les critères qui permettraient de définir ce qui peut ou ne peut pas être qualifié comme ‘réponse intelligente’ au changement climatique».

«Les sociétés de l'agrobusiness qui prônent l'utilisation d'engrais chimiques, la production de viande industrielle et l'agriculture industrielle à grande échelle – processus admis comme contribuant largement au changement climatique et nuisant à la résilience des systèmes agricoles – peuvent se targuer (et le font) de fournir des réponses ‘intelligentes’ au changement climatique», observent les associations.

«Porte ouverte au ‘greenwashing’», ce concept, «sans définition, critères, normes, mesures de protection ou critères d'exclusion», ne devrait pas «figurer au nombre des stratégies de lutte contre le changement climatique», poursuivent-elles, rappelant que la Gacsa «n'est tenue responsable devant aucune structure des Nations Unies en charge de la sécurité alimentaire, du climat et de l'agriculture».



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