Agroécologie: petit frémissement ou grand tournant?

Le 15 mai 2017 par Romain Loury
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Stéphane Le Foll, ministre pendant cinq ans
Stéphane Le Foll, ministre pendant cinq ans

Côté agriculture, la présidence Hollande aura été marquée du sceau de l’agroécologie et de la réduction des pesticides. Du moins dans les discours et les intentions. Dans les champs, les résultats se font encore attendre.

Lancé en 2008 dans la foulée du Grenelle de l’environnement, le plan Ecophyto 1 aura largement failli. Au lieu d’une réduction de moitié des pesticides d’ici 2018, ces substances ne cessent d’imprégner toujours plus nos champs, avec une utilisation en hausse de 5% par an en moyenne sur la période 2009-13 –mais une légère baisse entre 2014 et 2015.

Plutôt que de boire le vin jusqu’à la lie, le ministère de l’agriculture, tout du long dirigé par Stéphane Le Foll, a préféré saborder Ecophyto avant l’heure pour le remplacer, en 2015, par un Ecophyto2. Avec des objectifs de réduction repoussés à 2020 (-25%), puis à 2025 (-50%).

Parmi les mesures emblématiques de nouveau plan, citons la mise en place des certificats d’économie des produits phytosanitaires (CEPP), selon le même modèle que les certificats d’économie d’énergie. Après annulation d’une première ordonnance, fin décembre 2016 par le Conseil d’Etat, le décret les instituant a été publié fin avril.

Le bio en plein boom

Malgré ces cahots, le bio ne cesse de progresser, et à très grande vitesse: fin 2016, 1,54 million d’hectares étaient cultivés en bio en France, soit 16% de plus que l’année précédente. A 5,4% de sa surface agricole utile, le bio français demeure toutefois en-dessous de la moyenne européenne (6,2%).

De même, les consommateurs se montrent toujours plus friands de bio. Une évolution de fond qui a parfois peiné à trouver écho au sommet de l’Etat: fin janvier, le Conseil constitutionnel a censuré un article de la loi relative à l’égalité et à la citoyenneté instaurant un objectif national de 20% de bio et de 40% de produits en circuit court dans la restauration collective d’ici 2020. Cela n’empêche pas plusieurs collectivités d’aller plus loin: en mars, le conseil régional d’Ile-de-France s’est ainsi fixé l’objectif de 50% de bio dans les cantines scolaires en 2024.

Si Ecophyto peine à trouver ses marques, son alter ego dans l’élevage, Ecoantibio, est presque en passe d’atteindre son objectif. Lancé en 2012, il visait à réduire de 25% l’usage des antibiotiques pour les animaux (dont ceux d’élevage) en cinq ans. En l’attente des chiffres finaux de 2016, qui ne seront connus qu’au deuxième semestre 2017, cet indice a déjà diminué de 20% entre 2012 et 2015.

Une initiative agriculture-climat

Côté agriculture et climat, retenons aussi l’initiative 4 pour 1.000, officiellement lancée par Stéphane Le Foll en décembre 2015 lors de la COP21. Centrée sur les sols agricoles, elle prévoit de favoriser le stockage de carbone par les sols, avec le triple objectif de l’atténuation du changement climatique, de l’adaptation de l’agriculture face à l’inéluctable dérèglement, de la sécurité alimentaire dans un monde ne plein boom démographique.

Si l’idée est séduisante, cette initiative à visée internationale, dotée d’un conseil scientifique, d’un consortium (décisionnel) et d’un forum (consultatif), demeure fragile, sans autre financement à ce jour que celui de la France. Une situation qui fait planer le doute quant à son avenir, une fois les crédits épuisés.



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