Agrocarburants: trop de recyclage nuit au sol et au climat

Le 23 avril 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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A trop vouloir utiliser les sous-produits du maïs, on appauvrit le sol.
A trop vouloir utiliser les sous-produits du maïs, on appauvrit le sol.
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Les producteurs d’agrocarburants américains doivent accroître leur production. Une loi votée en 2007 fixe à 136 millions de tonnes par an la capacité de production de biocarburants de seconde génération, dont 19 à partir de cellulose, pour 2022. Pour atteindre ce dernier objectif, les maïsiculteurs américains commencent à vendre les déchets de culture du maïs aux exploitants de raffineries d’éthanol.

Ce recyclage n’est pas sans conséquences environnementales, souligne une étude américaine, publiée par Nature Climate Change. Traditionnellement laissés dans les champs, ces déchets de tiges et autres broyats protègent les sols de l’érosion éolienne et pluviale et surtout les enrichissent en carbone organique. Une partie de ce carbone reste dans le sol et profite aux cultures suivantes. Le solde est oxydé et repart à l’atmosphère sous forme de CO2.

Pas bon pour le sol ni pour le climat

L’enlèvement des déchets de maïs a deux conséquences. En laissant la terre sans protection contre le vent et la pluie, il accroit l’érosion, déjà estimée à près de 2 milliards de tonnes de terre par an dans les Etats de la Corn Belt. D’autre part, la transformation des déchets de maïs en éthanol carburant oxyde rapidement la totalité du carbone organique contenu dans les déchets. Résultat: moins de carbone organique dans le sol et plus de CO2 dans l’atmosphère.

En réalisant une analyse du cycle de vie du processus et en en modélisant les résultats sur 580 millions de parcelles de champs (de 900 mètres carrés de surface sur 30 centimètres de profondeur), les chercheurs arrivent à un constat surprenant: le bilan carbone de la fabrication d’éthanol carburant à partir des déchets de maïs produirait 7% de CO2 de plus que la fabrication de l’essence à partir du pétrole. A l’évidence, ce n’était pas le but recherché par le législateur américain.



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