Agrocarburants: Bruxelles fixe le plafond à 5%

Le 17 octobre 2012 par Stéphanie Senet
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Bruxelle réduit mais ne supprime pas les agrocarburants d'origine alimentaire
Bruxelle réduit mais ne supprime pas les agrocarburants d'origine alimentaire

Comme annoncé mi-septembre, la Commission a présenté ce mercredi 17 octobre sa proposition de réduire la part des agrocarburants de 10% à 5% de la consommation finale dans les transports à l’horizon 2020 (voir JDLE).

Bruxelles veut ainsi limiter les dégâts de ces carburants issus du blé, du maïs, de la betterave, et du colza, pour favoriser ceux de seconde génération, produits à partir de matières premières non alimentaires, comme des déchets ou de la paille, dont les émissions sont inférieures à celles des carburants fossiles et qui ne mettent pas en danger les terres agricoles.

«Nous devons investir dans des agrocarburants permettant une réelle réduction des émissions et n'entrant pas en concurrence avec la production alimentaire. Nous n'abandonnons évidemment pas les agrocarburants de première génération, mais notre message est clair: l'expansion future des agrocarburants devra venir des agrocarburants avancés. Tout le reste ne sera pas durable», a indiqué la commissaire européenne en charge de l’action pour le climat Connie Hedegaard.

Outre réduire les agrocarburants et agroliquides d’origine alimentaire à 5% de la consommation finale dans les transports en 2020, Bruxelles propose d’ajouter de nouveaux critères de sélection.

Les nouvelles installations devront atteindre au moins 60% de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Ensuite, dans leurs rapports sur les émissions, les Etats membres et les fournisseurs de carburants devront évaluer les facteurs liés aux changements indirects d’affectation des sols (ILUC).

Enfin, des mesures incitatives devront être prises en faveur des agrocarburants les plus performants, c’est-à-dire de deuxième et troisième génération.

L’objectif d’atteindre 10% d’énergies renouvelables dans la consommation des transports en 2020 est maintenu.

Plusieurs ONG ont souligné l’insuffisance des nouvelles mesures. Oxfam affirme dans un communiqué que «la Commission européenne roule encore pour les industriels». «Le plafond d’incorporation proposé est plus élevé que le niveau actuel de consommation d’agrocarburants de première génération en Europe [3,5% en 2008, ndlr]. Alors que près de 900 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, il est urgent de mettre fin à la production de ces agrocarburants», a déclaré Clara Jamart, responsable des questions liées à la sécurité alimentaire. L’ONG ajoute que la proposition de Bruxelles ne tient pas compte des émissions de gaz à effet de serre résultant du déplacement de l’agriculture sur des terres forestières et des puits de carbone.

Pour Greenpeace, le projet de directive marque un tournant mais reste dans la demi-mesure. «D’un côté, la Commission reconnaît enfin les impacts négatifs des agrocarburants (en proposant enfin une valeur chiffrée pour les émissions indirectes de CO2). Mais sous la pression des lobbies industriels et d’Etats membres comme la France, elle n’impose pas la prise en compte de ce facteur disqualifiant», analyse Jérôme Frignet, chargé de campagne Forêts. Paris maintient en effet un objectif de 7% d’incorporation d’agrocarburants en 2020  (voir JDLE).

Le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation est du même avis. «L'Europe doit faire mieux que réviser à la baisse ses objectifs d'incorporation des agrocarburants comme elle s'apprête à le faire: elle doit avoir le courage politique de les abandonner et les Etats-Unis devraient faire de même», a déclaré mercredi Olivier De Schutter.

Aux Etats-Unis, 40% de la production de maïs se dirige dans les moteurs pour atteindre les objectifs fixés. En France, 64% de la production de colza a été transformée en carburant en 2007.

http://www.journaldelenvironnement.net/article/greenpeace-denonce-le-scandale-des-subventions-aux-agrocarburants,31118



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