Agrocarburants: 100 ONG interpellent la Commission européenne

Le 02 mai 2012 par Stéphanie Senet
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La Commission va-t-elle réviser ses directives ?
La Commission va-t-elle réviser ses directives ?

Alors que l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a récemment publié deux études montrant l’impact négatif des agrocarburants sur le changement d’affectation des sols et les émissions de gaz à effet de serre (GES) (voir JDLE), 100 ONG interpellent le président de la Commission européenne sur la nécessaire réforme de la législation européenne.

«Le recours aux agrocarburants risque d’accroître l’accaparement des terres, le prix des produits alimentaires, d’exacerber la pauvreté et la faim et d’accélérer le changement climatique», écrivent les 100 organisations dans une lettre adressée le 30 avril au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Parmi ces ONG, on trouve les plus grandes associations environnementales européennes, dont Greenpeace, Oxfam, WWF, Les Amis de la Terre Europe, le Bureau européen de l’environnement (EEB), les principales organisations nationales des Etats membres de l’UE ainsi que des associations du Guatemala, Indonésie, île Maurice, Papouasie Nouvelle Guinée, Philippines, et Sierra Leone, soit les pays les plus touchés par l’accaparement des terres.

Selon elles, la Commission européenne n’a pas pris de mesures suffisantes pour décourager le recours aux agrocarburants, qui génèrent davantage d’émissions de GES que les carburants fossiles. Les ONG rappellent que selon l’article 19.6 de la directive sur les énergies renouvelables 2009/28/EC, Bruxelles devait soumettre un rapport d’ici le 31 décembre 2010 sur le changement indirect d’affectation des sols, ainsi qu’une éventuelle nouvelle proposition (1).

«Les terres, d’habitude destinées à nourrir les citoyens, répondent désormais à l’avidité croissante de l’Union européenne pour les agrocarburants», déplorent les associations. Ce mouvement contribue à détruire des écosystèmes et des stocks de CO2, comme les forêts et les tourbières, ce qui libère des millions de tonnes d’émissions et accélère le changement climatique.

Sans mesure efficace, les agrocarburants sont peu susceptibles de réduire la part des émissions de GES des transports dans l’UE.

Outre un recours important aux terres, la production d’agrocarburants nécessite également une forte consommation d’eau.

Les ONG demandent donc à la Commission, qui est sur le point d’adopter une nouvelle proposition en la matière, d’introduire le bilan carbone de la production des agrocarburants, comprenant le changement d’affectation des sols, à la fois dans la directive sur les énergies renouvelables et celle sur la qualité des carburants.

(1) Un projet de rapport européen, diffusé le 14 février 2011, a conclu qu’il était impossible d’évaluer la rentabilité des biocarburants conventionnels à cause des effets indirects sur la déforestation et l’utilisation des terres.

http://www.eutransportghg2050.eu/cms/assets/Uploads/Reports/EU-Transport-GHG-2050-II-Task-8-draftfinal14Feb12.pdf



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