Agroalimentaire: l’affichage environnemental nécessite quelques ajustements

Le 22 mai 2012 par Stéphanie Senet
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Un bilan complet sera remis au Parlement au plus tard début 2013
Un bilan complet sera remis au Parlement au plus tard début 2013

Le Commissariat général au développement durable (CGDD) vient de publier un premier rapport sur l’affichage environnemental des produits agroalimentaires, dont l’expérimentation a débuté en juillet dernier, comme pour d’autres produits de grande consommation (voir JDLE).

S’il est encore trop tôt pour étudier les changements de comportement des consommateurs, il est d’ores et déjà possible d’évaluer la mise en place effectuée par les entreprises volontaires du secteur. Le CGDD a réalisé son enquête entre octobre et décembre 2011 auprès d’une trentaine d’entreprises du secteur (producteurs, transformateurs, distributeurs). Environ 326 produits agro-alimentaires sont touchés par l’expérimentation.

Il faut noter que les acteurs concernés ont eu une grande liberté d’action lors de la mise en place de l’affichage. En effet, le référentiel du secteur, dédié aux produits alimentaires, n’était pas encore finalisé au moment du démarrage de l’opération. Seul un cadre méthodologique général avait été défini par la plate-forme Ademe-Afnor.

Première conclusion: le climat, l’eau et la biodiversité sont les trois critères les plus fréquemment retenus par les entreprises. A quelques nuances près. L’étude du CGDD note en effet que les indicateurs touchant au changement climatique ou à l’eau s’avèrent mieux maîtrisés que ceux ayant trait à la biodiversité. Pour ce dernier thème, les entreprises semblent encore hésiter et l’information s’avère plus variée: surface de terres occupées ou cultivées (en mètres carrés), surface de biodiversité fragilisée ou préservée (en m2), nombre d’espèces potentiellement affectées en une année, etc. Pour les deux autres secteurs, le produit affiche sans surprise les émissions de gaz à effet de serre (en grammes équivalent CO2) et la consommation d’eau (en litres).

Deuxième constat: coût oblige, le support d’information le plus fréquemment choisi n’est pas l’emballage du produit (15%) mais internet (25%). Celui-ci n’est toutefois pas exclusif: seules 4 entreprises se sont contentées d’un affichage en ligne, les autres l’ayant couplé à un affichage sur le produit, en magasin, ou sur smartphone. Si le coût en ligne est moindre, les entreprises reconnaissent qu’un affichage sur l’emballage s’avère plus efficace.

Troisième remarque: certaines entreprises sont plus pédagogues que d’autres. Savoir que des flocons d’avoine affichent un indice carbone de 120g eq CO2 (pour 100 g de produit) n’est pas forcément très parlant. 12 entreprises ont donc eu l’ingéniosité d’accompagner ces données brutes par des références: échelle de A à G pour caractériser l’impact (de faible à fort), signification des unités, comparaison des valeurs avec le repas d’un Français, un trajet en voiture, etc.

Par ailleurs, le CGDD insiste sur les importantes économies d’échelle que réalisent les entreprises, qu’elles se soient déjà engagées ou non dans ce domaine, en ayant lancé par exemple une analyse de cycle de vie (ACV). «Une fois l’élaboration de l’affichage réalisée, ce qui peut requérir un investissement de départ non négligeable, son déploiement est plus rapide et moins coûteux pour chaque référence supplémentaire», constate l’enquête.

Quant à l’efficacité du dispositif, la moitié des entreprises jugent les données «facilement accessibles» tandis que 22% d’entre elles estiment qu’elles sont «difficiles d’accès». Ces acteurs ne comptent pas pour autant abandonner l’expérience. Trois quarts d’entre eux souhaitent la poursuivre au-delà de la limite officielle, fixée à juillet 2012 par le ministère de l’écologie. Près des deux tiers sont même favorables à sa généralisation dans l’Hexagone.

D’autres enquêtes viendront compléter cette première analyse au cours de l’année 2012. Enfin, un bilan final de l’expérimentation sera transmis au parlement début 2013 au plus tard, comme l’a fixé l’article 228 de la loi Grenelle II. Un bilan qui reposera sur une auto-évaluation des entreprises, des contrôles de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), l’avis d’un panel de consommateurs et d’un groupe d’experts (Conseil national du développement durable et du Grenelle de l’environnement ou CNDDGE, ministères et Conseil national de la consommation).

http://affichage-environnemental.afnor.org/



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