Agro-écologie: les volontaires sont les bienvenus

Le 09 avril 2013 par Stéphanie Senet
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René Louail appelle à un renouveau agricole
René Louail appelle à un renouveau agricole

Organisé par le sénateur Joël Labbé (Europe Ecologie-les Verts, Morbihan) le 8 avril à Paris, un colloque sur l’agro-écologie s’est fait l’écho des demandes des paysans pour une réforme du modèle agricole, en particulier sur l’accès au foncier, les intrants et l’attribution des aides.

«Le modèle actuel est en panne. C’est le moment idéal pour lancer une réforme», a lancé René Louail, paysan bio et conseiller régional EELV de Bretagne, en écho au projet agro-écologique pour la France, annoncé par le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll (voir JDLE). Sauf que les mesures à mettre en place divergent quelque peu entre les deux hommes.

Paysan dans les Côtes d’Armor, René Louail rappelle le poids économique de sa région, «la plus belle de France», qui compte 60.000 emplois agricoles et 67.000 emplois dans l’agroalimentaire. «C’est la première région productrice de légumes de plein champ mais elle importe chaque année 2,7 millions de tonnes de soja qui nécessitent le recours à plus d’un million d’hectares de terres à l’étranger», complète-t-il.

En réalité, les exploitations agricoles bretonnes vieillissent (plus de 20 ans pour les exploitations porcines) et se réduisent comme peau de chagrin. On n’en compte plus que 37.000 aujourd’hui.

Pour envisager l’avenir d’un œil nouveau, le conseiller régional propose de revoir l’accès au foncier, fondamental car il conditionne les pratiques agricoles. «Plus le prix de la terre augmente et plus les pratiques deviennent intensives pour compenser cette hausse. C’est mathématique», explique l’élu, qui propose un nouveau contrat avec la société. «Les pratiques intensives ne sont absolument pas complémentaires avec les pratiques agro-écologiques. Il faut réduire leurs impacts et mettre en place une mission parlementaire sur l’utilisation des médicaments dans l’élevage», poursuit-il.

Un résultat que risque de ne pas atteindre le plan de Stéphane Le Foll, qui se dirige vers un mode incitatif pour éviter toute contrainte réglementaire. «Il faut sortir d’une logique normative. On a fait ça pendant des années mais ça ne marche pas», répond Luc Maurer, conseiller technique du ministre en charge de l’agriculture bio et de la politique agricole commune (PAC). Pour favoriser le développement des exploitations en agro-écologie, «nous allons soutenir certains projets, signer des contrats d’objectif avec les instituts techniques agricoles à la mi 2013 et, pourquoi pas, ouvrir la gouvernance des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) (1). Par ailleurs, une mission sur les bonnes pratiques à diffuser a été confiée à Marion Guillou [ancienne présidente de l’Institut national de la recherche agronomique, ndlr]», conclut le conseiller. En résumé, si les projets individuels sont les bienvenus, le changement d’échelle attendu attendra.

(1)Sociétés anonymes à but non lucratif, les Safer disposent d’un conseil d’administration composé de représentants du Crédit agricole, des chambres d’agriculture, des mutuelles, des collectivités locales et d’organisations professionnelles agricoles. Ce qui ne favorise pas l’accès au foncier des petits paysans en faveur de l’agro-écologie.

 



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