Agriculture: Xylella fastidiosa détectée en Corse

Le 23 juillet 2015 par Romain Loury
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Oliviers touchés dans les Pouilles
Oliviers touchés dans les Pouilles
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La bactérie Xylella fastidiosa, qui ravage les oliveraies des Pouilles depuis 2013, vient d’être détectée à Propiano,  a annoncé la préfecture de Corse-du-Sud mercredi 22 juillet. Bien au-delà des oliviers, cette maladie, véhiculée par des insectes se nourrissant de sève, constitue une menace sérieuse pour l’agriculture européenne.

Surtout présente en Asie et en Amérique, notamment aux Etats-Unis où elle a entraîné des épidémies majeures dans les vignes californiennes depuis la fin du XIXe siècle, Xylella fastidiosa ne s’était jamais réellement implantée en Europe. Hormis quelques cas douteux, sa présence a pour la première fois été observée en 2012 sur des caféiers équatoriens cultivés en milieu confiné à Tours, puis en avril dernier sur un caféier de Rungis. Dans les deux cas, elle a aussitôt été éradiquée.

La menace pourrait être plus sérieuse avec ce premier cas corse, détecté sur des plants de polygale à feuille de myrte (Polygala myrtifolia) dans une zone commerciale de la commune de Propriano. Nul ne sait quand la bactérie, contre laquelle il n’existe aucun remède, a débarqué en Corse: en 2010 lorsque ces arbres ont été plantés? Ou plus tard, à partir d’autres arbres dont l’infection était passée inaperçue? Dans cette dernière hypothèse, la maladie pourrait déjà être hors de contrôle.

Arrachage et désinsectisation

Suite à la confirmation de l’infection, la préfecture de Corse-du-Sud a «immédiatement» fait procéder à l’arrachage des plants concernés, à la désinsectisation de la zone et à une enquête épidémiologique, indique-t-elle dans un communiqué. Il s’agit aussi de déterminer si cette souche est la même que celle sévissant dans les Pouilles.

«La détection du végétal suspect a été opérée dans le cadre du renforcement des mesures mises en œuvre à l’initiative de l’Etat depuis 2014 afin de prévenir l’introduction de cet organisme nuisible», explique la préfecture. Parmi ces mesures adoptées en février dernier, l’interdiction d’importer une centaine de végétaux sensibles à la bactérie, sauf dérogation pour les professionnels.

Dans un avis publié début janvier,  l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) avait estimé que «les conséquences [étaient] considérées comme majeures, en raison des pertes de rendement élevées, qui nécessiteraient de coûteuses mesures de contrôle». Non seulement pour les oliviers, mais aussi pour les citronniers, la vigne, les amandiers, les pêchers, les pruniers et bien d’autres arbres à forte valeur économique.



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