Agriculture: vers un ralentissement de la croissance

Le 01 juillet 2015 par Romain Loury
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14% plus de céréales produites en 2024
14% plus de céréales produites en 2024
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La production agricole mondiale devrait augmenter de 1,5% par an d’ici 2024, soit un rythme moins soutenu qu’au cours des 10 dernières années. De quoi satisfaire la demande croissante, elle aussi en cours de ralentissement, estiment l’OCDE et la FAO [1] dans un rapport publié mercredi 1er juillet.

Selon la FAO, il faudrait produire 70% de plus d’ici à 2050 pour nourrir les 9,1 milliards de personnes qui peupleront la Terre à cet horizon. Dans les pays en développement, la production devrait même doubler d’ici là. De quoi faire craindre de fortes tensions sur les marchés alimentaires au cours des prochaines décennies, des chercheurs britanniques ayant même suggéré un possible effondrement à l’horizon 2040.

Le rapport  publié mercredi par la FAO et l’OCDE sur les perspectives agricoles 2015-2024 se montre bien plus optimiste. Il n’en pointe pas moins quelques incertitudes pour les prochaines années.

D’un point de vue global, la production alimentaire mondiale devrait progresser de 1,5% par an d’ici 2025, un rythme moins rapide que celui de 2,2% observé au cours des 10 dernières années. Ce ralentissement devrait concerner toutes les régions, mais toucher principalement la Fédération de Russie et la région Asie-Pacifique.

Pour la FAO et l’OCDE, «les possibilités d’accroître la production sont restreintes par des facteurs comme les limites à l’expansion des terres agricoles, le souci de protéger l’environnement et les changements dans l’environnement politique».

Pour l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord, la croissance sera tirée par l’amélioration des rendements, tandis qu’en Amérique du Sud et en Afrique, elle le sera aussi par l’accroissement de la surface agricole.

17% plus de viande en 2024

En 2024, 14% de céréales seront produites en plus dans le monde qu’au cours de la période de référence, 2012-14. Quant à la viande, on en produira 17% de plus, contre 20% au cours des 10 dernières années, avec une demande en forte croissance dans les pays en développement. Une fois de plus, c’est la volaille qui devrait tirer le marché vers le haut, tandis que la consommation de viandes de bœuf et de porc devrait rester stable.

Côté poisson, la production progressera de 19% d’ici 2024, avec une hausse de 38% rien que pour l’aquaculture. Et c’est en 2023 que celle-ci dépassera enfin la pêche en volume de production, signe d’«une nouvelle ère» selon le rapport. Toutefois, «la filière pêche restera en tête pour un certain nombre d’espèces et sera vitale pour la sécurité alimentaire nationale et internationale», ajoute-t-il.

Quant aux biocarburants, «la consommation d’éthanol et de biodiesel devrait croître plus lentement pendant la décennie à venir [la croissance sera principalement assurée par le Brésil, ndlr]. Selon les projections, le niveau de la production dépendra des politiques menées par les grands pays producteurs. Tant que les prix du pétrole resteront bas, les échanges de biocarburants devraient rester modestes en pourcentage de la production mondiale».

Prix en baisse, mais choc «très probable»

Les prix des divers produits alimentaires devraient baisser, prévoient par ailleurs la FAO et l’OCDE. Plusieurs raisons à cela: productivité en hausse, hausse de la demande ralentie, baisse de prix des intrants, recul du prix du pétrole. Mais «les prix devraient se maintenir à un niveau plus élevé que dans les années qui ont précédé la flambée de 2007-08», jugent-elles.

Phénomène inquiétant, l’exportation de produits de base va se concentrer sur un plus petit nombre de pays, dont le Brésil, tandis que les importations demeureront le fait d’un grand nombre. Ce qui «accroît les risques de marché, notamment ceux liés aux catastrophes naturelles ou à l’adoption de mesures commerciales à l’origine de perturbations», note le rapport.

Pour le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, «les perspectives de l’agriculture mondiale sont plus calmes que ces dernières années, mais il faut se garder de pavoiser. Le risque de nouvelles flambées des prix dans les années à venir n’est pas exclu». Selon le rapport, il est même très probable que les marchés internationaux connaissent «au moins un choc grave» au cours des 10 prochaines années.

[1] OCDE: Organisation de coopération et de développement économiques; FAO : Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.



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