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Agriculture: programme sur la qualité de l'air

Le 19 avril 2005 par Claire Avignon
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Aux Etats-Unis, l'Agence de protection de l'environnement (EPA) veut développer un programme de surveillance de la pollution de l'air et des odeurs dégagées par les élevages intensifs. Car les pouvoirs publics manquent encore d'éléments scientifiques pour établir une réglementation adaptée.

Présenté en janvier, le programme de surveillance de la qualité de l'air aux abords des élevages intensifs devrait être mis en place au second semestre 2005. Son objectif est d'estimer les émissions de polluants atmosphériques (ammoniac, sulfure d'hydrogène, oxydes d'azote (NOx), composés organiques volatils, etc.) de chaque installation selon son type (élevage de volailles, porcs et industrie laitière) et sa taille. Ce programme fait suite à la demande, en 2002, de la National academy of sciences d'améliorer la méthode de détermination des quantités de polluants provenant des opérations d'engraissement des animaux (1).

L'Académie des sciences américaine avait alors mis en avant l'importance d'une meilleure évaluation des émissions de ces polluants à l'heure où le public s'inquiète de plus en plus de l'impact sanitaire des polluants de l'air. Des études scientifiques montrent en effet que ce sont non seulement les polluants mais aussi les mauvaises odeurs qui peuvent avoir un impact sur la santé humaine. Deux études menées en 1995 et 1998 par Susan Schiffman de l'université Duke (2) ont ainsi recensé des symptômes de tension, de dépression et de fatigue au sein d'une population vivant à proximité d'un élevage de porcs dégageant des odeurs nauséabondes.

Mais l'accord volontaire fait débat. Pour convaincre les exploitants de participer à ce programme qui doit durer deux ans, l'EPA a dû leur promettre de ne plus poursuivre les installations poursuivies pour violation du Clean air act. Ce que condamnent les associations de protection de l'environnement et de la santé, à l'instar de Public citizen et Sierra Club, qui accusent les pouvoirs publics d'avoir mis en place un programme très proche des propositions faites par le lobby agricole. De leur côté, les chercheurs estiment que de nouvelles substances devraient être surveillées, comme les bioaérosols, les endotoxines ou les bactéries résistantes aux antibiotiques.



(1) Animal feeding operations en américain

(2) Schifflan, et al., 1998. Livestock odors: Implications for human health and wellbeing. Journal of Animal Science, 76, 1343-1355.

Schiffman, et al.., 1995. The Effect of Environmental Odors Emanating from Commercial Swine Operations on the Mood of Nearby Residents. Brain Research Bulletin 37(4):369-375




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