Agriculture: la diversité génétique, barrage anti-réchauffement

Le 21 janvier 2015 par Romain Loury
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Le blé, -6% de rendement par °C
Le blé, -6% de rendement par °C
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Face à la hausse du mercure, il est crucial de préserver la diversité génétique des espèces végétales et animales exploitées par l’homme, estime l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans un rapport publié lundi 20 janvier. Or un cinquième des variétés sauvages seraient au bord de l’extinction.

Inutile de détailler l’ensemble des effets négatifs qu’aura le réchauffement climatique sur l’agriculture mondiale: baisse des rendements, nouvelle répartition des terres arables, mortalité accrue et fertilité en baisse dans les élevages, arrivée de nouveaux nuisibles, perte de synchronisme entre les plantes et leurs pollinisateurs, etc.

Selon la FAO, l’un des moyens de s’adapter au choc climatique réside dans la diversité génétique des espèces cultivées ou élevée. Qu’elles soient animales ou végétales, des espèces «pouvant survivre et produire dans les conditions climatiques à venir seront essentielles dans les futurs systèmes de production», juge l’organisme onusien, évoquant la possibilité d’introduire des variétés dans des endroits où elles étaient absentes.

Or selon des travaux publiés en 2008, les variétés sauvages seraient parmi les plus menacées: à travers le monde, 16% à 22% d’entre elles seraient menacées d’extinction d’ici 50 ans, dont 61% des espèces d’arachide et 12% de celles de pommes de terre.

Abandons, catastrophes

Parmi les causes de disparition, l’abandon de variétés cultivées par les agriculteurs, disparaissant si aucun effort n’est fait pour les conserver. Et si elles constituent un barrage contre le réchauffement climatique, du moins à condition d’être sauvegardées, elles sont actuellement les plus menacées.

«Des évènements catastrophiques comme les inondations ou les sécheresses, dont on s’attend à ce qu’elles deviennent plus fréquentes avec le réchauffement, peuvent constituer un danger immédiat pour la survie de lignées et d’espèces qui ne sont cultivées que dans de petites régions spécifiques», explique la FAO.

Parmi ses préconisations, l’organisation propose la mise en place de banques génétiques, incluant les variétés mineures, et la promotion d’échanges entre agriculteurs. Le temps presse: de tels projets agricoles de réhabilitation d’une espèce «mettent du temps afin d’atteindre leurs objectifs et doivent être débutés plusieurs années en avance».

Or selon les estimations, la production alimentaire mondiale devra augmenter de 60% d’ici le milieu du XXIème siècle pour assurer l’alimentation de 3 milliards de Terriens en plus. Le pari s’annonce très serré: selon une étude publiée fin décembre dans Nature Climate Change, toute hausse de 1°C de la température mondiale diminuerait de 6% la production de blé, soit un quart de ce secteur commercial.



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