Agriculture: Emmanuel Macron creuse son sillon

Le 26 février 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'heure est aux réformes agro-environnementales.
L'heure est aux réformes agro-environnementales.
VLDT

 

Voilà longtemps que l’Elysée n’avait connu pareil banquet républicain. Jeudi 22 février, le président de la République recevait un millier de jeunes agriculteurs, quelques heures avant l’ouverture officielle du Salon de l’agriculture. L’occasion, pour Emmanuel Macron, de rappeler ses priorités et de faire quelques annonces.

En matière environnementale, l’objectif visé n’a pas varié depuis la campagne électorale: 50% des produits servis dans les cantines seront issus de circuits courts, de l’agriculture biologique, ou certifiés au plus tard en 2022. La surface de terres agricoles consacrées au bio sera plus doublée entre 2017 et 2022[1]. «Ce qui suppose évidemment d’agir sur l’agriculture, sur les filières de transformation, sur les plateformes de logistique et de stockage», a-t-il rappelé.

le plan qui valait 5 milliards

Mais les agriculteurs attendent toujours le fameux plan de 5 milliards d’euros, qui doit être financé par le prochain Grand emprunt, d’un montant prévu de 50 Md€. «L’objectif de ce plan d’investissement agricole, ce sera de vous accompagner à la fois en amont et en aval. Et donc, pour ce faire, nous allons élargir les modes de financement pour prendre en compte les évolutions en cours et permettre à de jeunes agriculteurs de démarrer dans le métier dans les meilleures conditions en offrant plusieurs solutions adaptées au projet de chacun.»

des prêts garantis

Dans le lot, une enveloppe de 1 Md€ de prêts garantis. Cette manne servira à cofinancer les investissements «pour réduire l’utilisation des pesticides, pour soutenir les projets de diversification des revenus agricoles ou les projets d’investissement dans des bâtiments d’élevage qui anticipent les demandes des consommateurs, qu’elles soient en matière de réforme des filières, de modernisation, de bien-être animal, dans une démarche concertée par filière.»

Avec BPI France, l’Etat crée un fonds de prêt à la méthanisation, doté de 100 M€. Un fonds accompagné d’un plan de soutien que le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu devrait présenter le 26 mars prochain.

Sus à l'accaparement des terres

Le président de la République a aussi évoqué la menace de l’accaparement des terres agricoles françaises par des investisseurs étrangers: «Les terres agricoles en France, c’est un investissement stratégique dont dépend notre souveraineté», a rappelé Emmanuel Macron. Le gouvernement devrait donc modifier la législation pour permettre aux Safer[2] de s’opposer à la cession «à des puissances étrangères» de terres tricolores détenues par des sociétés agricoles. 

haro sur le glypho

Des terres que le gouvernement souhaite assainir. Emmanuel Macron a maintenu l’objectif de la fin de l’usage du glyphosate en trois ans. Avec des dérogations à la clé, confirmées par le ministère chargé de la transition écologique, dans un entretien accordé ce week-end au Journal du Dimanche. «Jamais je ne demanderai à quelqu’un d’abandonner une pratique productive si cet abandon lui fait perdre de l’argent ou qu’il n’y a pas une vraie substitution qui lui garantit qu’il peut tout à fait vivre du prix payé en arrêtant le glyphosate», confirme le locataire de l’Elysée.

50.000 dossiers en souffrance

Les sceptiques objecteront que de nombreuses aides pour la mise en œuvre de mesures agro-environnementales (MAEC) ou pour la conversion à l’agriculture bio n’ont toujours pas été versées. Ce qui peut doucher quelques vocations. Plus de 50.000 dossiers, pour 2016, sont encore en souffrance, reconnaît-on au ministère de l’agriculture. Le président de la République l’affirme, «à la fin de ce premier semestre, nous aurons pleinement épongé tous les retards.» Rendez-vous cet été.



[1] Elles devront atteindre 15 % des SAU françaises, en 2022, a rappel

é Nicolas Hulot, le 25 février.

[2] Safer: Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural

 

 



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