Agriculture biologique: «gentiment»

Le 02 juin 2006 par Laure Pollez
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agri bio
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A l’occasion du lancement du Printemps Bio 2006, l’agence Bio publie son bilan de l’année 2005, en demi-teintes. L’optimisme des dirigeants de l’agence ne suffit pas à rassurer les professionnels.

«L'agriculture biologique continue gentiment son développement», tel est le bilan de Claude Monnier, président de l'agence Bio, pour l'année 2005. A l'occasion du lancement du Printemps Bio 2006, l'agence publie des chiffres assez tièdes. Au chapitre des bonnes nouvelles: la reprise de la croissance du secteur, en termes de surface exploitée (+5%) comme d'exploitations (+ 3%). 2005 vient ainsi corriger l'essoufflement de l'année 2004 où, pour la première fois, un recul avait été observé, après l'explosion du secteur à la fin des années 1990. Cependant, la surface consacrée à l'agriculture biologique reste très réduite, à 2% de la surface agricole utilisée (SAU) et le nombre de surfaces en conversion continue de se tasser. La France piétine ainsi à l'avant-dernier rang de l'Europe des 15, où la surface moyenne dédiée atteint 3,8%; et bien loin derrière le meilleur élève, l'Autriche, où l'agriculture biologique occupe plus de 10% des terres cultivées.

Mais, puisque la totalité des productions est en hausse, mise à part les poulets de chair, grippe aviaire oblige, l'optimisme est de rigueur. «L'agriculture biologique est un secteur jeune, en mouvement, qui prend son envol», assure Elisabeth Mercier, la directrice de l'agence Bio, soulignant que, de surcroît, le développement du secteur a lieu dans un contexte général de réduction des surfaces cultivées, de 2 à 3% par an. Claude Meunier veut «y croire» tout en insistant sur l'importance des soutiens de la collectivité envers un mode de production dont elle tire des bénéfices: «A priori, le marché existe, on a le savoir-faire, il n'y a plus qu'à faire».

Pourtant, en 2006, les aides à la conversion du ministère chargé de l'agriculture seront moins importantes qu'en 2005. Le budget prévu est de 20 millions d'euros, contre 35 millions en 2004. Catherine Rogy, au cabinet de Dominique Bussereau, explique qu'en 2005, les aides finalement sollicitées ne se sont élevées qu'à 18 millions d'euros et que le budget 2006 est «un peu contraint».

«Qu'on ne nous dise pas qu'il n'y a pas de moyens», rétorque Vincent Perrot, de la Fédération nationale de l'agriculture biologique (Fnab), «c'est simplement une question de priorités». Il prend pour exemple les réticences françaises à réorienter les aides à la production (premier pilier) vers des aides environnementales (deuxième pilier): «La réforme de la politique agricole commune (Pac) autorise à puiser 10% du premier pilier vers le deuxième. D'autres pays ont opéré de telles réorientations, pas la France». Il s'inquiète également du désintérêt des autorités pour l'aval de la production (transformation et distribution). Selon  lui, d'année en année, le problème de cette production dispersée et en petit volume reste le même.




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