Agriculture bio: les aides au maintien réduites de 25%

Le 12 mars 2015 par Stéphanie Senet
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La présidente de la Fnab, Stéphanie Pageot, déplore "un coup de massue contre l'agriculture bio"
La présidente de la Fnab, Stéphanie Pageot, déplore "un coup de massue contre l'agriculture bio"

Les agriculteurs bio ont crié leur colère, le 10 mars, contre la baisse de 25% des «aides au maintien» prévues pour 2014, ainsi que le retard de trois mois de leur versement.

 

«C’est un coup de massue contre l’agriculture biologique», résume Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab). La nouvelle est tombée le 7 mars, avec la publication d’un arrêté au Journal officiel créant un coefficient stabilisateur appliqué par hectare aux soutiens à l’agriculture biologique du volet «maintien». Celui-ci est ainsi fixé à 74,57% «en raison du dépassement du plafond budgétaire en 2014». Les associations[1] sont d’autant plus étonnées qu’elles travaillent depuis deux ans avec Stéphane le Foll pour doubler la surface agricole utile dédiée au bio entre fin 2012 (4%) et fin 2017 (8%). «Cela signifie que le ministère ne croyait pas en la réussite de son plan puisqu’il n’a pas prévu de budget suffisant alors que nous avions prévenu, dès 2012, des risques de dépassement budgétaire», affirme Stéphanie Pageot, dans une tribune co-signée avec le président de France Nature Environnement Denez Lhostis sur le site Reporterre.

 

Découplage entre les aides et les surfaces cultivées

De son côté, le ministère de l’agriculture assure que les aides à l’agriculture biologique doubleront entre 2012 et 2020, pour passer de 90 à 180 millions d’euros par an. Une évolution pourtant insuffisante pour couvrir l’ensemble des demandes d’aides à la conversion et au maintien. «Les demandes de soutien sont forcément croissantes puisque le nombre d’exploitations augmente de façon régulière», affirme au JDLE Charles Pernin, délégué général du Synabio. Selon le dernier bilan de l’Agence bio, les surfaces cultivées ont progressé de 4% en 2014, pour atteindre 1,1 million d’hectares en 2014.

«En 2014, l’enveloppe totale de soutien à l’agriculture biologique s’élève à 103 M€, ce qui n’est pas suffisant pour couvrir la totalité des demandes, qui représentent 61 M€ pour la conversion et 56 M€ pour le maintien, soit un total de 117 M€», répond le ministère de l’agriculture.

 

Des services environnementaux à prendre en compte

Les associations rappellent que l’agriculture bio rend de nombreux services environnementaux, dont la réduction des pollutions diffuses des eaux, la protection de la biodiversité cultivée ou sauvage, ou encore de la santé humaine en évitant la pollution de l’air par les pesticides… Le traitement des eaux polluées par les activités agricoles traditionnelles coûtent de leur côté 54 Md€ par an en France et le coût sanitaire des perturbateurs endocriniens liés à l’utilisation des pesticides s’élève à 157 Md€ par an en Europe.

 

 

 



[1] Fnab, Synabio, et la commission Bio de Coop de France et de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture

 



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