Agriculture bio: le ministère maintient les aides au maintien

Le 17 mars 2015 par Romain Loury
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Pas de baisse des aides 2014
Pas de baisse des aides 2014

Confronté à la colère des agriculteurs bio, le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll a décidé lundi 16 mars d’une «aide complémentaire» afin d’empêcher que l’aide au maintien ne soit abaissée de 25%, comme il avait été annoncé le 7 mars.

L’annonce est tombée par voie de communiqué dans la nuit de lundi à mardi, à quelques heures d’une manifestation organisée à travers la France par les agriculteurs bio: le ministère renonce à diminuer de 25% les aides au maintien prévues pour 2014, comme un arrêté paru le 7 mars au Journal officiel le prévoyait.

«Les agriculteurs vont toucher les 25% qui leur manquent», a déclaré mardi 17 mars Stéphane Le Foll, en marge d’une visite à la 3ème conférence «Climate-Smart Agriculture» qui se déroule à Montpellier. «Je tords le cou au procès qui m’a été fait», celui de freiner le développement du bio, a-t-il déclaré, manifestement échaudé d’avoir été publiquement interpellé par un riziculteur camarguais -au terme d’un discours dont l’objet était justement la lutte contre le réchauffement.

«Quand je suis arrivé au ministère [en 2012], l’enveloppe pour le bio [conversion et maintien] était de 90 millions d’euros», a-t-il rappelé. De 87 millions d’euros en 2013, elle est passée à 103 millions d’euros en 2014.

Cette dernière somme s’est avérée insuffisante, a reconnu le ministre, qui l’impute au fait qu’«en 2014, année charnière, nous avons été dépassés par les conversions, ce qui a engendré un problème budgétaire». Au total, ce sont 117 millions d’euros qui auraient été nécessaires, soit 61 millions d’euros pour la conversion, 56 millions d’euros pour le maintien.

La Fnab craint pour la suite

Lors de l’annonce de la baisse de 25%, les associations s’étaient étonnées du fait que le ministère ait été pris de court, rappelant qu’elles l’avaient déjà averti d’un risque d’insuffisance budgétaire. En 2014, il y a eu plus de 100.000 hectares de conversion bio, contre environ 130.000 hectares en 2013. Même si le rythme est bien supérieur à celui des années 2000, les conversions connaissent une décélération certaine.

Pour la présidente de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab), Stéphanie Pageot, cette décision «est la juste réparation d’une décision inappropriée et le résultat d’une mobilisation du réseau bio de la FNAB, de sa cohésion, de son engagement au quotidien; c’est aussi le résultat de la mobilisation de la société civile. Il n’en reste pas moins de grandes inquiétudes sur la pérennité de ces aides dans le cadre de la nouvelle programmation de la PAC [politique agricole commune] pour 2015-2020».

Dans son communiqué, le ministère rétorque que «pour la période 2015-2020, la réforme de la PAC négociée par Stéphane Le Foll permettra de doubler les aides à la bio, en les portant à 180 millions d’euros en 2020 (par rapport à 2012). Sur l’ensemble de la période 2015-2020, cet encouragement à la bio représentera ainsi une enveloppe moyenne de 160 millions d’euros par an». Le tout dans le cadre du Plan Ambition bio 2017, qui prévoit un doublement des surfaces bio entre 2013 et 2017.



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