Agriculture bio: bilan mitigé

Le 03 mars 2005 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
AB2
AB2

Malgré les paroles optimistes du président de l'agence AB, les chiffres 2004 sur l'agriculture biologique montrent un essoufflement de la filière. Financées par la Commission, les actions de communication destinées à la redynamiser apparaissent insuffisantes aux yeux de certains.

Le nombre d'exploitations (11.025) et d'hectares (540.000) de la filière bio - conversions comprises -  sont en légère diminution en 2004 par rapport à 2003. Certes, la baisse reste minime: 3% pour les premiers et 2% pour les seconds. Mais le boom observé entre 1995 et 2000 semble être stoppé. Et l'agriculture biologique ne représente toujours que 2% de la surface agricole utile (SAU) en France, contre 13% en Autriche et 3,4% en moyenne dans l'Union européenne. Selon Elizabeth Mercier, directrice de l'agence AB, «le nombre d'hectares bio est en hausse mais on note le recul significatif de la surface agricole en conversion avec 61.087 hectares en 2004 contre 144.652 en 2003. A court terme, cela ne pose pas de problème, à long terme, c'est plus inquiétant.»

Les filières continuent toutefois à augmenter leur production, avec une hausse de 6,8% des surfaces céréalières, de 6% des vaches laitières, de 11% des brebis, et de 4% des chèvres. L'élevage porcin se stabilise (avec 3.617 truies reproductrices), ainsi que celui des  poules et poulets. Mais la filière bio assure avoir encore un problème de positionnement dans la grande distribution. «Nous sommes face à un paradoxe, analyse Benoît Canis, producteur bio dans le Nord-Pas de Calais et représentant de la Fédération nationale de l'agriculture biologique (Fnab). Notre offre ne trouve pas preneur, surtout dans la filière lait, alors que la base de la demande est supérieure.» Pour résoudre ce problème, l'agence AB a présenté les différentes campagnes de communication pour promouvoir les filières des fruits, légumes, et pommes de terre bio, des viandes, et des produits laitiers.

Cofinanceur de ces actions de communication, la Commission européenne joue un rôle actif dans le développement de l'agriculture bio. Elle est en train de mettre en place un Plan d'action européen en matière d'alimentation et d'agriculture biologiques, et elle encourage les Etats membres à soutenir l'agriculture biologique. Cependant, la députée européenne Marie-Hélène Aubert (Verts) a ouvertement critiqué ce Plan dont elle est rapporteur. «Je suis restée sur ma faim, s'exclame la députée. Pour arriver à convertir 5% de la SAU, puis 10%, de simples plans de communication ne suffisent pas. Il faut que les budgets nationaux consacrés au développement rural financent davantage l'agriculture biologique. » Selon la députée, ce n'est pas la Commission qui est à blâmer, mais les Etats membres qui freinent le développement de la filière.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus