Agriculteurs et associations demandent le retrait du décret Nitrates

Le 02 juillet 2012 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les nitrates, à l'origine des échouages d'algues vertes
Les nitrates, à l'origine des échouages d'algues vertes

Plusieurs associations avec la Confédération paysanne viennent d'écrire à la nouvelle ministre de l’écologie, Delphine Batho, demandant de revenir sur le décret Nitrates (voir JDLE). Très contesté, ce texte assouplit les normes d'épandage des effluents d'élevage.

«Madame la ministre, il est de votre responsabilité de mettre fin à l'incohérence et à l'injustice en révisant le décret du 10 octobre 2011», demandent des associations de consommateurs et de défense de l'environnement, ainsi que la Confédération paysanne de Bretagne et des associations professionnelles agricoles. Le décret est relatif aux programmes d'action à mettre en œuvre dans les zones vulnérables à la pollution par les nitrates d'origine agricole.

Les signataires considèrent que deux dispositions de ce décret constituent un recul sans précédent de l'action publique, censée prévenir les fuites d'azote vers les eaux et le phénomène d’échouage d’algues vertes sur les côtes bretonnes. Ils estiment que l'assouplissement des normes d'épandage des effluents d'élevage (passant à 170 kilogrammes par hectare de surface agricole utile) va permettre une nouvelle concentration des cheptels dans les zones vulnérables et une augmentation des épandages d'azote.

Les signataires relèvent également que «les dispositions relatives à la production d'azote pour les bovins sont incompréhensibles car elles pénalisent gravement les systèmes herbagers et sous-estiment les quantités d'azote des élevages intensifs».

«A l'évidence, poursuit le courrier envoyé à la ministre le 27 juin dernier, cette mesure contrarie la mise en œuvre du plan de lutte contre les algues vertes qui retient, parmi ses priorités, le développement des systèmes herbagers.» Et remet en cause la réussite de la mesure agro-environnementale «surfaces fourragères économes en intrants».

«Tous les acteurs engagés dans les programmes de reconquête de la qualité des eaux, au premier rang desquels les collectivités bretonnes, ont unanimement protesté contre ces mesures incohérentes et injustes», rappellent les signataires. A l'exception du conseil général du Morbihan, les trois autres conseils généraux de Bretagne sont dirigés par le PS, de même que le conseil régional, dont le président est Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense.

La pénalisation des systèmes herbagers ainsi que l'assouplissement des normes d'épandage préoccupent également bien au-delà de la Bretagne. Ainsi, la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), branche Lait de la FNSEA, vient d’alerter le ministère de l'agriculture sur les conséquences de la révision de la directive Nitrates dont elle relève qu'elle pénalise paradoxalement l'élevage à l'herbe.

La FNPL évoque une application tatillonne et précipitée du nouveau règlement, laquelle fragilise des éleveurs laitiers qui se sont engagés dans une démarche en phase avec les attentes environnementales de la société.

«Cibler en particulier les éleveurs laitiers en conversion biologique ou en MAE [mesures agro-environnementales], sur des zones sensibles d'un point de vue environnemental, va à contre-courant des objectifs politiques affichés d'un meilleur respect de l'environnement, tout particulièrement sur ces territoires», écrit encore la FNPL.

A noter que ce décret, très décrié, a été publié quelques jours après la mise en ligne par le ministère de l'écologie d'une étude sur le coût élevé -estimé à 54 milliards d'euros par an- du traitement de la pollution des eaux liée à l'activité agricole.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus