Agrice: bilan mitigé mais avenir prometteur

Le 10 novembre 2004 par Claire Avignon
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"Agriculture pour la chimie et l'industrie" a fêté ses 10 ans lors du colloque national du 9 novembre intitulé "De l'or noir à l'or vert". Composé pour moitié de membres publics et pour l'autre moitié de membres privés, ce groupement d'intérêt scientifique (GIS) a montré des résultats intéressants malgré des moyens limités.

De 1994 à 2004, Agrice a financé grâce aux fonds de l'Agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie (Ademe) 291 projets de développement de l'ensemble des bioproduits pour un total de 27 millions d'euros. Soit en moyenne 2,5 millions d'euros par an. Pour sa seule partie "bioplastique", le FNR (Fachagentur Nachwachsende Rohstoffe, l'équivalent d'Agrice en Allemagne) a depuis 1993 développé 70 projets pour un total de 20 millions d'euros. C'est dire le peu de cas qu'accordent les pouvoirs publics français aux produits issus de ressources renouvelables.

Pourtant, les deux agences ont vu le jour à un an d'intervalle. Et elles ont chacune dès le départ favorisé la coopération entre chercheurs et industriels. Agrice compte ainsi plus de 300 contributeurs, pour moitié des entreprises. Les PME y participent, mais aussi les groupes industriels, comme Total, Rhodia et Bayer cropscience. Jacques Mattern, spécialiste des bioproduits pour le constructeur de matériels agricoles John Deere France, explique: «Du fait de notre métier, nous sommes très proches du milieu agricole. Il y a une pression très forte de la part de nos clients pour valoriser leur potentiel. Nous utilisons donc de plus en plus de biolubrifiants même si le différentiel de prix reste important et que leurs performances restent inférieurs aux lubrifiants traditionnels.»

Les agriculteurs s'avèrent en effet très demandeurs car les bioproduits sont un marché potentiel important. «La France peut mobiliser l'équivalent de 25 à 30 millions de tonnes équivalent pétrole de biomasse d'origine agricole», estime l'Ademe. Le succès du colloque national du 9 novembre montre l'intérêt des industriels. Les débouchés apparaissent en effet nombreux. Les biocarburants restent le secteur le plus prometteur puisqu'il est contraint par des directives européennes. Mais d'autres secteurs ont été développés par Agrice et bénéficient d'importants efforts de recherche. Il s'agit principalement des lubrifiants, des tensioactifs, des solvants et des matériaux plastiques. Quelques entreprises obtiennent déjà des succès significatifs. François Asselin, directeur de la société Technilin, prévoit ainsi de doubler sa capacité de production en 2005. Spécialiste de l'isolation grâce au lin des portes de voitures, l'entreprise travaille notamment pour Opel, Renault et PSA qui voient dans le procédé une manière de faciliter le recyclage et de réduire la masse du véhicule.

Malgré le peu de subventions des pouvoirs publics, les bioproduits pourraient voir leur marché s'agrandir du seul fait de l'intérêt des industriels. Certaines technologies arrivent à maturité et les avantages en matière d'économie d'énergie, de santé, de sécurité s'avèrent décisifs.


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