Agir à court terme pour éviter le réchauffement climatique

Le 17 juin 2011 par Célia Fontaine
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Lutter contre les polluants comme le carbone noir (la «suie»), l'ozone troposphérique ou encore le méthane, peut aider à ralentir la hausse des températures mondiales à court terme, estiment l’Organisation météorologique mondiale de la météo (OMM) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) dans une évaluation publiée le 14 juin.
 
Contrairement au dioxyde de carbone (CO2), qui peut rester dans l'atmosphère pendant des siècles, le carbone noir ne persiste que pendant quelques jours ou quelques semaines. La suie, ensemble de composés chimiques, résulte de la combustion incomplète de combustibles fossiles comme l’essence, le gazole, le fioul, ou le kérosène. Elle provient également de la biomasse (bois, végétaux). Le méthane, puissant gaz à effet de serre par nature, peut également déclencher une augmentation du réchauffement général, en contribuant à la formation de niveaux élevés d'ozone troposphérique.
 
Réduire de manière drastique les émissions de ces «forceurs climatiques de courte durée» peut engendrer des bénéfices immédiats. Et si l’on veut limiter l'élévation des températures mondiales en dessous des 2 degrés Celsius, il faut agir vite. Comment?
 
«Un petit nombre de mesures de réduction des émissions ciblées offrent des bénéfices spectaculaires pour la santé publique, agricole, économique et environnementale», explique Achim Steiner, secrétaire général adjoint de l'ONU et directeur exécutif du Pnue. Par exemple, «récupérer le méthane dans les secteurs du charbon, du pétrole et du gaz grâce à un système de combustion et des fourneaux plus propres, filtrer les particules émises par les véhicules fonctionnant au diesel, ou encore interdire de brûler des déchets agricoles à ciel ouvert», détaille-t-il.
 
De nombreux bénéfices résulteraient de l’application plus systématique de ces mesures déjà mises en œuvre dans les pays industrialisés. Avec moins de dépôts de carbone noir dans l'atmosphère, la fonte des glaciers de montagne diminuerait. «Cela réduirait de plus de deux tiers le réchauffement projeté dans l'Arctique au cours des décennies à venir», estiment les scientifiques[1] dans le rapport.
 
Au-delà de la lutte contre le changement climatique, de grosses réductions des émissions de carbone noir devraient améliorer la santé respiratoire de nombreuses personnes. «Près de 2,5 millions de décès prématurés dus la pollution de l'air pourraient être évités chaque année dans le monde d'ici 2030, principalement en Asie», selon le Pnue. Avec moins d’hospitalisations et de journées de travail perdues pour cause de maladie, des économies peuvent être réalisées…
 
Il en va de même pour les rendements agricoles: une grosse réduction des émissions d'ozone troposphérique pourrait contribuer à réduire les dégâts que subissent les cultures agricoles d'1 à 4% du total de la production mondiale annuelle de maïs, de riz, de soja et de blé, toujours selon cette évaluation présentée à Bonn, lors d'une réunion de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc).
 
L'action proposée par une équipe internationale de plus de 50 chercheurs pourrait être catalysée par le biais du processus de la Convention pour le climat de l'ONU, mais aussi par le biais du renforcement des accords nationaux et régionaux sur la qualité de l'air existants.
 


[1] Dont le Dr. Drew Shindell de la National Aeronautics and Space Administration (Nasa).


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