Agendas 21, une foule de contradictions à gérer

Le 09 mars 2010 par Geneviève de Lacour
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Presque 20 ans après la Conférence de Rio, la France comptait 600 Agendas 21 en 2009. Afin de présenter la démarche et discuter de son bilan, le réseau Aldéa (1) a invité plusieurs acteurs de terrain le 24 février à la Maison des sciences et de l’économie.

«Plus qu’un outil, l’agenda 21 est un état d’esprit, absolument pas standardisable.» Magali Vergnet, directrice de cabinet de François Dagnaud adjoint au maire de Paris, et ancienne conseillère à l’environnement du conseil régional d’Ile-de-France a voulu, lors du débat du 24 février, réaffirmer la spécificité de chaque Agenda 21.

«Un outil qui doit à la fois permettre de lutter contre le réchauffement climatique, faire du développement durable, réduire le volume des déchets, la consommation d’eau, mais aussi garantir la mixité sociale.» Au carrefour de contradictions multiples, l’outil est donc complexe et difficile à gérer. «Il crée beaucoup de tensions au sein des collectivités, confirme Thierry Le Pesant, économiste et consultant au sein du cabinet Planète publique. Et si la gestion de ces tensions n’est pas assumée, alors cela ne marche pas.»

En 2009, 600 démarches Agenda 21 étaient engagées. Principale difficulté: la durée de la mise en place. L’Agenda 21 nécessite une mise en place sur le long terme qui n’est pas en totale adéquation avec la durée de mandat de l’élu porteur du projet. Une des solutions, selon Magali Vergnet, pour assurer la pérennité du projet «est de marier les Agendas 21 avec des signaux visibles, comme un éco-quartier ou une rénovation, un projet qui se déploie sur le long terme». L’élu doit également posséder une bonne vision globale du territoire pour formuler des objectifs bien définis avec des orientations claires. Il faut donc mêler visions à court, moyen, et long terme. Et le programme doit comprendre une série d’actions avec des indicateurs mesurables et compréhensibles par tous.

Autre difficulté: les Agendas 21 se superposent parfois entre eux: entre niveau régional, départemental, communal, du quartier, voire du lycée, difficile d’y voir clair!

«L’innovation, c’est le processus lui-même: la démocratie participative.» Tous les intervenants ont fait le même constat. La mise en place d’un Agenda 21 nécessite d’avoir une bonne idée de la réalité du terrain et de la perception des citoyens. Il faut donc que les informations remontent vers les élus. Un retour d’informations particulièrement efficace lorsque la concertation est organisée avec un système d’indemnisation pour les personnes qui participent aux ateliers citoyens. «Un système d’indemnisation comparable à ce qui se fait pour les jurys d’assise. Et qui permet ainsi de prêter une oreille attentive à des catégories de populations qui ne s’expriment généralement pas, explique Thierry Le Pesant. Et finalement les élus entendent des choses qu’ils n’ont pas l’habitude d’entendre.» Le processus est donc aussi important que les résultats.

Mais la crise économique et le sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique sont venus perturber la mise en place des Agendas 21, avec des effets contrastés. La crise oblige les collectivités à repenser leur politique d’achat public. Les critères de prix ont dorénavant priorité sur les critères environnementaux comme, par exemple, dans le domaine du logement et notamment en ce qui concerne les normes de construction. Par contre, en ces temps de restriction budgétaire, la tendance est aussi à la réduction du volume des déchets par recyclage des objets et aussi à la baisse de consommation des énergies, des effets positifs en termes de développement durable. Quant au sommet de Copenhague, il aura eu pour effet d’inciter à la mise en place de solutions à court terme comme celle des plans Energie-climat territoriaux pour la maîtrise de l’énergie. Des plans «qui ne sont pas incompatibles avec les Agendas 21, précise Magali Vergnet. Ce n’est pas l’un ou l’autre, mais plutôt l’un et l’autre.» Ils permettent des objectifs à plus court terme et portent sur des compétences plus faciles à maîtriser, comme le transport, le logement, les déchets. Alors que la dimension sociale et sociétale de l’agenda 21 est beaucoup plus difficile à appréhender .

2012 sera l’année Rio + 20. Le défi à relever, selon les intervenants du débat, sera alors de rendre les résultats plus visibles, ce que les plans Energie-climat favorisent déjà. Autre défi, maintenir la mobilisation collective: pas toujours facile, en effet, de garder la motivation au sein des collectivités pour des projets dont les résultats ne sont visibles qu’à long terme.

(1) Réseau Aldéa: association créée pour organiser des réflexions/débats sur le développement durable


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