Agendas 21: un intérêt nouveau

Le 27 février 2006 par Christine Sévillano
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Depuis 2 ans, les collectivités locales semblent avoir un regain d'intérêt pour les agendas 21 territoriaux. S'il n'existe pas de méthode commune, les résultats semblent à la hauteur des attentes des élus qui les ont initiés.

Depuis l'agenda 21 de la Conférence de Rio de 1992, des agendas 21 locaux se développent dans les collectivités locales françaises, mais leur véritable augmentation reste récente. Alors que le premier agenda est apparu en 1996 à Lille, le comité 21 en a recensé 35 en 2002 mais 146 actuellement. «Les catastrophes naturelles et autres phénomènes extrêmes ne doivent pas être étrangers à cette impulsion. Il existe une véritable prise de conscience», analyse Philippe Senna, chargé de mission territoires au ministère chargé de l'environnement. Ce document qui analyse les enjeux de développement durable au niveau local et définit des actions à mettre en place, est réalisable à toute échelle, de la région à la commune en passant par les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), mais aussi les parcs naturels régionaux (PNR). «Très peu de petites communes se lancent dans l'aventure en raison du coût. C'est plus intéressant au niveau intercommunal», explique Antoine Charlot, responsable du programme territoires et agendas 21 au comité 21, une association indépendante qui s'est spécialisée sur le sujet. Ce coût varie en fonction de la taille et des domaines inclus, mais il se situe entre 150.000 et 500.000 euros, selon une évaluation réalisée par le réseau des agences régionales de l'environnement.

Il ne s'agit ni d'une norme, ni d'un label. Chaque collectivité décide des domaines à intégrer dans l'agenda, certaines englobent la totalité des thématiques liées au développement durable, mais d'autres préfèrent se focaliser sur 2 ou 3 seulement dans un premier temps. Les agendas 21 contiennent pour la plupart des actions sur l'énergie et le changement climatique, les transports, la haute qualité environnementale (HQE) dans les bâtiments ou la biodiversité au niveau environnemental, certains ne négligent pas non plus la politique de l'eau ou la gestion des déchets. Ils prennent aussi en compte des thématiques économiques et sociales, telles que l'insertion des personnes en difficulté, les chômeurs de longue date, la création d'activités dans le domaine des énergies renouvelables ou l'agriculture biologique. Des collectivités choisissent des plans d'action pour 3 ans et d'autres évaluent la mise en oeuvre de leurs actions tous les ans. «Une solution qui permet de faire un état de l'avancement, mais si certaines actions nécessitent plus de temps, cela n'empêche pas d'en faire une évaluation partielle», souligne Antoine Charlot.

Ce sont surtout les départements qui se lancent actuellement, au rythme de 2 à 3 par trimestre. Un engouement stimulé par le partenariat noué entre l'Assemblée des départements de France et le comité 21. Quatorze régions ont également élaboré un agenda 21 et le nombre devrait passer à 18 ou 19 d'ici la fin de l'année. «C'est devenu un argument politique, sans compter qu'il s'agit d'un instrument permettant une meilleure gestion des risques qui se sont accrus pour les collectivités avec la décentralisation», poursuit Antoine Charlot. L'agenda 21 apparaît aussi comme une solution pour «les collectivités locales qui doivent répondre aux attentes de leurs administrés en termes de démocratie participative sans oublier qu'il existe une certaine pression des associations», ajoute le responsable. L'agenda 21 offre l'occasion de coordonner les différents outils d'urbanisme comme le Plan local d'urbanisme et les différents schémas régionaux et donc de donner une meilleure cohérence à la politique des collectivités. Pourtant les insuffisances sont manifestes sur ces différents points: «Nombreux sont les agendas 21 qui souffrent d'un manque de développement de la citoyenneté active. En outre, pour le moment, les projets d'urbanisme ne sont pas encore conformes aux principes des agendas 21, excepté dans quelques métropoles», objecte Christian Garnier, vice-président pilote du pôle aménagement durable du territoire à France nature environnement (FNE). Il reproche aussi une approche trop sectorielle, les élus négligeant de rassembler l'ensemble de leurs services autour du projet, ainsi que l'absence de dimension prospective notamment dans le domaine de l'énergie. «Nous avancerons le jour où toutes les grandes politiques économiques, sociales, culturelles et d'aménagement seront en phase entre elles et qu'elles iront dans le sens du développement durable. Mais il est difficile dans l'esprit français de faire travailler entre eux des services cloisonnés ainsi que des communes», poursuit le vice-président.

Certaines collectivités ont déjà obtenu des résultats intéressants, voire surprenants. Lille a par exemple tenu ses objectifs de maîtrise de l'énergie dans le domaine de l'éclairage public en réduisant sa consommation de 42%. Le Plan municipal de maîtrise de l'effet de serre de Châlons-sur-Saône, base de l'élaboration de l'agenda 21 dans cette commune, a été réalisé avec l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) et WWF. Il s'était fixé en 2002 une réduction de 5,2% des émissions de gaz à effet de serre sur 3 ans, mais finalement la ville est parvenue à une baisse de 11% sur la période qu'elle s'était allouée, grâce à des réalisations HQE et à des actions sur les transports et l'industrie. «Par conséquent, on s'aperçoit que c'est faisable. Les élus pensent d'ailleurs qu'ils auraient peut-être même encore pu mieux faire», précise Antoine Charlot. Et d'autres initiatives devraient voir le jour sous l'impulsion du ministère qui finalise actuellement un outil d'aide à l'élaboration des agendas.




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