Afsse: nouvelle polémique sur la téléphonie mobile

Le 14 octobre 2005 par Claire Avignon
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antenne relais
antenne relais

Le ministère chargé de l'environnement vient d'annoncer une inspection de l'Igas et de l'IGE sur les conditions d'expertises de l'Afsse, suite aux propos surprenants de Guy Paillotin tenus lors d'un colloque en début de semaine et mettant en cause le rôle de son Agence dans l'expertise des risques sanitaires liés à la téléphonie mobile.

Une controverse a éclaté suite aux propos du président de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement (Afsse, prochainement Afsset), Guy Paillotin, lors des 10èmes entretiens écologiques du Sénat du 11 octobre organisés par Orée et Valeurs vertes. Selon une retranscription du colloque présentée par les associations Agir pour l'environnement et Pour une réglementation des implantations d'antennes relais de téléphonie mobile (Priartem), Guy Paillotin aurait déclaré: «L'expertise de l'Afsse sur la téléphonie mobile n'a jamais suivi, ni de près, ni de loin les règles que l'Afsse s'est fixée à elle-même; donc c'est une expertise que je considère, en tant que président du conseil d'administration, comme n'existant pas, n'étant pas le fait de l'Afsse, puisqu'elle ne correspond pas aux textes que le conseil d'administration a lui-même adoptés.» Dans un communiqué du 13 octobre, Guy Paillotin est revenu sur sa déclaration : «Les propos reconstitués que l'on me prête et qui ne reflètent ni ma pensée, ni mes préoccupations les plus profondes, m'amènent à réagir de la manière la plus ferme et à en préciser les termes.»

Selon le président de l'Afsse, ce n'est qu'en 2004 que le conseil d'administration a adopté des règles claires pour l'expertise conformes aux normes de qualité reconnues en la matière: principe d'une expertise collective externe, collaboration avec des experts choisis pour leurs compétences personnelles, et expertise indépendante. Lors de la publication du premier rapport sur les risques sanitaires liés à la téléphonie mobile, en 2003, «l'Afsse, qui ne disposait alors ni des personnels, ni des instances de gouvernance scientifique nécessaire, ni d'aucune délibération du conseil d'administration a produit des avis à la demande des tutelles en dehors des normes de qualité suffisantes.» Guy Paillotin affirme ainsi ne pas remettre en question la qualité scientifique des experts et du rapport.

Pourtant, Nelly Olin, ministre chargée de l'environnement, et Xavier Bertrand, ministre chargé de la santé, ont décidé de confier à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et à l'Inspection générale de l'environnement (IGE) une «mission d'inspection générale afin d'examiner les conditions dans lesquelles sont conduites les expertises de l'Afsse», selon le cabinet de Nelly Ollin. L'enquête devrait durer 2 mois.

Malgré les précisions du président, ses propos apportent du grain à moudre aux personnes qui doutent de la qualité et de l'indépendance de l'expertise de l'Afsse, qu'il s'agisse des associations environnementales ou des hommes politiques. Ainsi, lors de la présentation d'une proposition de loi relative aux risques liés à la téléphonie mobile et aux antennes-relais, Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) a estimé que l'Agence «manque considérablement de moyens financiers» pour venir à bout de son expertise. En outre, la crédibilité de l'Afsse a déjà été fragilisée lors de la démission de son directeur scientifique, Denis Zmirou, le 19 mai dernier. Dans une tribune parue dans Le Monde du 6 juillet, celui-ci a fortement critiqué l'Agence révélant que la direction de l'Agence s'était ingérée «dans la production scientifique en suggérant telle interprétation ou présentation des faits.»




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