Afrique: les baobabs se meurent

Le 11 juin 2018 par Romain Loury
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Les baobabs en danger
Les baobabs en danger

Depuis 2005, huit des treize baobabs les plus âgés d’Afrique sont morts, révèle une étude publiée lundi 11 juin dans la revue Nature Plants. Le réchauffement climatique pourrait être en cause.

Aussi symboliques de la biodiversité africaine que l’éléphant, le rhinocéros ou le lion, les baobabs, arbres millénaires les plus gros au monde, ne vont guère mieux. Ces dernières années, plusieurs des plus connus se sont brusquement effondrés, révèle l’équipe de Karl von Reden, de la Woods Hole Oceanographic Institution (Massachusetts).

Une étude de datation

A l’origine de leur étude, les chercheurs tentaient d’attribuer un âge à ces arbres. Tâche particulièrement compliquée, du fait du mode original de croissance des baobabs: à l’inverse des autres arbres, leur tronc se constitue en réalité de plusieurs troncs (ou tiges), qui peuvent se souder entre eux, et au centre desquels demeure un espace vide.

Impossible donc de dater un baobab par carottage puis comptage des cernes. Les chercheurs ont recouru à des mesures de carbone 14, menées entre 2005 et 2017 sur divers parties du tronc de 60 grands baobabs. C’est en menant cette étude que les chercheurs ont compris le péril qui guettait ces géants végétaux.

Un doyen de 2.500 ans

Depuis le début de leurs travaux, huit des 13 baobabs les plus âgés sont décédés brusquement, leurs tiges, toutes ou les plus anciennes, s’effondrant souvent en l’espace d’un an. Parmi eux, le doyen, un vieillard zimbabwéen de 2.500 ans nommé Panke: toutes ses tiges sont tombées entre 2010 et 2011.

Idem pour le Dorlandsboom (Namibie) et le Glencoe Tree (Afrique du Sud), âgés de plus de 2.000 ans, dont les parties les plus vieilles se sont effondrées en 2006 et 2009, respectivement.

Parmi les six plus volumineux baobabs du continent africain, cinq sont aussi décédés depuis 2005. Figure dans cette liste le plus gros de tous, le Sunland Baobab d’Afrique du Sud et ses 501 mètres cubes de bois, baobab le plus visité d’Afrique.

Le réchauffement en cause?

Selon les chercheurs, «la mort de la majorité des plus vieux et des plus gros baobabs d’Afrique, au cours de ces 12 dernières années, est un évènement d’une amplitude sans précédent. Elle n’est pas causée par une épidémie, et on observe aussi une hausse des morts apparemment naturelles d’autres baobabs matures. Nous soupçonnons que la chute de ces arbres monumentaux est en partie liée aux importants changements climatiques qui affectent le sud de l’Afrique, mais d’autres recherches sont nécessaires pour s’en assurer».



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