Afrique: la pollution atmosphérique en plein boom

Le 20 octobre 2016 par Romain Loury
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Lagos (Nigeria), plus grande ville d'Afrique
Lagos (Nigeria), plus grande ville d'Afrique

En 25 ans, le nombre de décès liés à la pollution atmosphérique a augmenté de 36% en Afrique, selon une étude menée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). A la différence d’autres régions du monde, le continent se trouve confronté à ce problème alors qu’il est loin d’avoir réglé les autres, notamment d’eau et de malnutrition.

Au cours du 21ème siècle, l’Afrique sera le continent à la plus forte croissance démographique: de 1,2 milliard d’habitants en 2015 (16% de la population mondiale), il devrait passer à 2,5 milliards en 2050 (25%), puis 4,4 milliards en 2100 (40%). Avec la forte urbanisation en cours, de nombreux problèmes sanitaires devraient s’accentuer.

Parmi eux, la pollution de l’air: selon une étude publiée par l’OCDE, le nombre de décès prématurés engendrés par la pollution atmosphérique a augmenté de 36% entre 1990 et 2013, passant de 180.000 à 250.000 morts par an, avec un coût annuel estimé à 215 milliards de dollars (196 milliards d’euros). Pour la pollution de l’air intérieur, la hausse est de 18%, soit 450.000 morts en 2013 contre 400.000 en 1990, pour un coût annuel de 232 milliards de dollars (212 milliards d’euros). Soit un total d’environ 450 milliards de dollars pour toute l'Afrique, équivalant à près de 30% du PIB de l’Afrique sub-saharienne.

Certes, l’Afrique est encore très loin des chiffres observés en Asie, notamment en Chine et en Inde, où la pollution atmosphérique a fait respectivement 1,03 millionet 621.000 morts en 2012. Mais le continent africain se retrouve, face à ce problème sanitaire, dans une configuration jusqu’alors inédite: la pollution vient s’ajouter à d’autres fléaux de santé publique toujours présents, que bien d’autres pays ont réglés de longue date.

Pollution et sous-développement

L’OCDE prend l’exemple de Londres: pionnière de la révolution industrielle, la capitale britannique a réglé ses problèmes de grande pauvreté à partir de la fin du 18ème siècle, ceux d’accès à l’eau potable et de sanitaires à la fin du 19ème, ceux de pollution de l’air intérieur, liée à la combustion domestique de charbon, au milieu du 20ème siècle, avant de s’attaquer, depuis la fin du 20ème, à la pollution atmosphérique.

Sur une échelle de temps moins étendue, d’autres grands pays émergents, en particulier la Chine, se sont aussi attelés à ces problèmes de manière séquentielle. Rien de tout cela en Afrique: à l’exception de quelques pays -Afrique du Nord, Seychelles, Maurice-, la malnutrition, ainsi que les problèmes d’eau potable et de sanitaires, demeurent monnaie courante.

Dans son étude, l’OCDE a comparé, pays par pays, le poids de ces facteurs entre eux, en analysant le ratio de mortalité entre ces divers facteurs. Pour cela, elle a analysé, pour chaque pays, le nombre de morts annuels causés par les cinq facteurs analysés (pollution atmosphérique, pollution de l’air intérieur, eau non potable, sanitaires, malnutrition). Puis elle a calculé le ratio entre le plus mortel et le moins mortel, livrant ainsi une mesure du poids de chacun.

Des fléaux simultanés

Exemple, le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique: le ratio entre la pollution de l’air intérieur (le plus mortel) et la pollution atmosphérique (le moins mortel), n’est que de 1,7, les autres problèmes (eau potable, sanitaires, malnutrition) se situant entre les deux. A l’inverse, l’Egypte, parmi les pays les plus développés d’Afrique, se situe à un ratio supérieur à 100. En Afrique subsaharienne, il atteint un maximum de 8,3: le continent se retrouve ainsi à devoir régler, simultanément, des problèmes qui l’ont été de manière successive dans la plupart des autres régions du globe.

Le problème se trouve d’autant plus compliqué par le fait que la pollution atmosphérique, dans les villes africaines, n’est pas le fait principal des automobiles, comme c’est le cas ailleurs: elle provient aussi de la combustion des déchets en plein air, des groupes électrogènes fonctionnant au diesel, de voitures dont le pot catalytique a été retiré, d’usine pétrochimiques, de carburants de piètre qualité. Voire de sources non anthropiques, telles que les feux de forêt ou la poussière du Sahara.



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