Afrique du Sud: les mineurs n’apprécient pas la transition énergétique

Le 15 mars 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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6300 MW éoliens et photovoltaïques sont en suspens.
6300 MW éoliens et photovoltaïques sont en suspens.
VLDT

Deux syndicats de Gueules noires sud-africains empêchent la signature de contrats d’achat d’électricité d’origine renouvelable entre l’électricien national et des producteurs indépendants.

 

Avec un ensoleillement moyen de 1.600 kilowattheures au mètre carré (kWh/m²), l’Afrique du Sud est sans doute l’un des pays qui bénéficient des plus beaux potentiels solaires du monde. Ce qui n’est pas sans inquiéter les mineurs de charbon. Du Cap à Johannesburg, King Coal reste le roi. Près de 76% de l’électricité sud-africaine est produite par des centrales au charbon. Une addiction au carbone dont la plus puissante économie du continent peine à guérir.

6.300 MW d’éolien et de photovoltaïque

Mais elle se soigne. Dans sa contribution climatique nationale (INDC), Pretoria prévoit de «stabiliser» ses émissions entre 400 et 600 millions de tonnes de CO2 par an, vers 2030. Pour se décarboner, la démocratie arc-en-ciel lance régulièrement des appels d’offres pour développer les énergies renouvelables électriques. Le dernier programme en date (baptisé REIPPPP) prévoit la mise en service de 6.300 mégawatts (MW) d’éolien et de photovoltaïque en deux ou trois ans.

Le 13 mars, l’électricien national, Eskom, devait signer les contrats d’achat avec 27 producteurs indépendants; ultime procédure avant le lancement des chantiers de construction de parcs éoliens et de fermes solaires. Une cérémonie qui n’a pas été du goût des Gueules noires.

Les contrats suspendus par la justice

Deux de leurs syndicats, Numsa et Transform RSA, ont attaqué en référé les contrats d’achat, avant même leur signature. Dans un communiqué, Numsa explique sa position: «La signature de contrats d’achat avec des producteurs indépendants réduira les besoins en charbon d’Eskom pour faire de l’électricité. Cela conduira nécessairement à la fermeture de centrales au charbon.» De quoi mettre sur la paille 30.000 opérateurs et leurs familles, affirme le syndicat. La Haute Cour de Pretoria a suspendu la conclusion des accords jusqu’au 27 mars, date à laquelle elle statuera sur le fond de l’affaire.

61.000 emplois

C’est au tour du gouvernement et des promoteurs des énergies renouvelables de s’énerver. La semaine passée, le ministre de l’énergie, Jeff Radebe, rappelait que ce 4e round de REIPPPP allait générer 56 milliards de rands d’investissements (3,8 milliards d’euros): de quoi créer 61.000 emplois d’ici 2020. De son côté, Greenpeace ne décolère pas. Cette «action judiciaire est clairement une tentative de sabotage des énergies renouvelables en faveur du charbon», estime la branche sud-africaine de l’organisation écologiste.



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