Afghanistan: terre de fer

Le 19 juillet 2012 par Geneviève De Lacour
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Le sous-sol afghan est très riche.
Le sous-sol afghan est très riche.

Les Américains ont établi la première carte aérienne des ressources minérales afghanes. Une manière complètement inédite, pas très précise mais beaucoup plus facile, de réaliser une carte géologique.

Le bureau géologique des Etats-Unis (US Geological Survey) a publié en fait une «image hyperspectrale» provenant de la lumière réfléchie par le sol à partir de 800 millions d’images collectées, des points répartis sur 440.000 kilomètres carrés. Cette carte géologique couvre environ 70% du pays.

28 vols à 15.000 mètres d’altitude ont été conduits au cours de cette campagne qui a duré 43 jours et pour laquelle les Américains ont employé un appareil photographique sensible à la lumière réfléchie par le sol. Les minéraux réfléchissent en effet différemment la lumière en fonction de leur nature. Chaque pixel enregistré a été analysé et corrélé au type de matériaux présents.

Des Américains très intéressés par ce genre d’information car l’Afghanistan dispose de ressources naturelles gigantesques: pétrole, gaz naturel, mais aussi cuivre, cobalt, or et lithium. En 2011, un consortium indien a signé un accord pour l’exploitation du fer dans le pays. Mais le pays ne se limite pas à de simples réserves en fer. En 2007, la China Metallurgical Group Corporation a obtenu la concession d'exploitation du cuivre ­d'Aïnak au sud de Kaboul, probablement la deuxième réserve mondiale. Inquiètes de l'insécurité et du manque de données fiables pour lancer des prospections extrêmement coûteuses, les compagnies européennes se montrent, pour l'instant, plus réservées. En dépit des appels d'offres du gouvernement afghan.

En 2010, le ministre afghan des mines se vantait de réserves estimées à mille milliards de dollars. Le problème du pays est de trouver le financement pour exploiter ces ressources exceptionnelles. «Le lac de Dasht-e Nawar dispose de très importantes ressources en lithium indispensables pour les batteries», détaille le professeur Atiq Sediqi, directeur du service géologique afghan.

La France aussi possède des données intéressantes: des documents uniques issus de missions françaises menées entre 1961 et 1978. Christian Montenat, ancien directeur de l'Institut de géologie Albert de Lapparent (Igal), a passé 8 étés dans les montagnes afghanes. C’est l'invasion soviétique en 1979 qui a stoppé net ses campagnes de terrain. Mais les carnets de mission, les cailloux récoltés et les cartes topographiques et géologiques sont restés en France et ont rejoint depuis les réserves de l'Igal.

Des expéditions allemandes, italiennes, espagnoles ont, elles aussi, complété les données. Et les Soviétiques ont continué le travail de cartographie. Mais en raison de l'instabilité politique du pays, seuls les gisements ont été, pour l’instant, localisés. L’insécurité récurrente a empêché les missions de terrain, indispensables pour affiner les données recueillies par satellite.

En 2011, le directeur du service géologique afghan expliquait que les cartes des missions françaises allaient être numérisées afin de constituer une base de données auxquelles seront agrégées les connaissances venant d'autres pays.

Quant à la carte géologique aérienne publiée par l’USGS, elle a été financée par le ministère américain de la défense et par le gouvernement afghan. Les données publiées comprennent deux cartes: l’une avec les gisements de fer et les minéraux ferrifères et une seconde carte présentant les gisements de carbone, silicium ou soufre.

Les deux cartes sont visibles sur le site de l’USGS:

http://www.usgs.gov/newsroom/article.asp?ID=3280&from=rss_home#.UAge0nCyxsM

 

 



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