Affluence de plaintes pour silicose aux Etats-Unis

Le 31 juillet 2006 par Laure Pollez
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Une commission du Congrès américain s’intéresse de très près à une multiplication récente des plaintes pour silicose. Des médecins et des cabinets d’avocats sont soupçonnés de fraude. Industriels et assureurs craignent un «nouvel amiante» à propos d’un problème de santé publique qui reste méconnu.

En 2003, près de 20.000 travailleurs américains ont porté plainte contre leur entreprise pour silicose. Cette maladie pulmonaire incurable, provoquée par l'inhalation de poussières de silice, est une des maladies professionnelles les plus anciennement répertoriées. Elle concerne les mineurs mais aussi les travailleurs en bâtiment, concassage, métallurgie, porcelaine et les prothésistes dentaires.

Habituellement, les tribunaux américains ne sont sollicités que pour une centaine de dossiers par an. Ces récents records de plaintes inquiètent donc les industriels américains, à l'instar de John Ulizio, président de US Silica, sous le coup de 25.000 procès intentés depuis 2002.

Jusqu'ici, la silicose était réputée maîtrisée, depuis la mise en place de normes de sécurité dans les années 1940. Moins de 200 décès liés à cette maladie sont recensés chaque année par le Département américain de la santé, contre plus d'un millier à la fin des années 1960.

Interpellés, des membres du comité à l'énergie et au commerce de la Chambre des représentants américains procèdent actuellement à des auditions sur la question. Celle des avocats a lieu ces jours-ci, après que les sénateurs se sont vus empêchés de recueillir directement le témoignage des clients. «Cela ressemble à un écran de fumée», s'est inquiété le sénateur républicain Joe Barton, président du comité.

L'initiative des sénateurs fait suite à un petit séisme juridique, l'été 2005. La juge Janis Graham Jack avait alors débouté les plaignants d'une procédure regroupant 10.000 personnes, faute d'éléments médicaux probants: «Les diagnostics ne répondaient à aucun souci de santé ou de justice, ils étaient seulement «fabriqués» pour de l'argent», avait-elle souligné.

Au centre des soupçons: des cabinets d'avocats et des médecins coutumiers des affaires d'amiante, qui auraient reporté abusivement leur mode opératoire sur des dossiers silicose, à grand renfort de dépistages massifs et bâclés. Lors du procès, un radiologue avait reconnu des abus.

Reste que l'alerte est lancée et que le doute s'insinue. La compagnie américaine d'assurances Guy Carpenter notait, par exemple, dans un premier bilan: «Etant donné l'ampleur de l'utilisation de la silice et le nombre de travailleurs concernés, le potentiel de procès est immense», même s'il n'atteint pas l'ampleur du risque amiante.

L'OMS le reconnaît, «le problème de la silicose et son ampleur sont largement méconnus». Depuis 1997, la silice cristalline est de plus classée «certainement cancérogène» par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ).

Aux Etats-Unis, 2 millions de travailleurs y seraient exposés et le Département fédéral de la santé a encore récemment lancé un appel à vigilance dans le secteur du bâtiment. En France, 1,5% des salariés sont exposés à la silice, principalement des hommes (95%).




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