Affichage environnemental: un bilan positif selon les entreprises

Le 19 février 2013 par Stéphanie Senet
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Quelle sera l'étiquette normalisée?
Quelle sera l'étiquette normalisée?

Après les associations de consommateurs et de protection de l’environnement à l’automne dernier, les entreprises ont remis, le 18 février, leur bilan de l’expérimentation de l’affichage environnemental au ministère de l’écologie, à l’occasion d’un forum organisé par le Commissariat général au développement durable (CGDD) (1).

Pour rappel, cet engagement du Grenelle s’est déroulé pendant un an, entre juillet 2011 et 2012, au sein de 168 entreprises volontaires issues des secteurs de l’alimentaire, du textile, des soins et de l’hygiène, du papier, de l’équipement… A noter que 10% des volontaires ont quitté l’opération en cours de route.

Financièrement, les opérations les plus coûteuses ont été la collecte des données, le choix de la méthodologie de calcul et du format d’affichage. Impossible en revanche d’évaluer le coût total unitaire d’affichage puisqu’il oscille, selon les entreprises, entre plusieurs centaines et plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Une chose est sûre: plus le nombre de références à évaluer sera important et plus le coût d’affichage diminuera (40% de coût en moins pour un doublement des produits).

Le principal obstacle au déploiement national de cet étiquetage réside, selon les entreprises, dans l’absence de référentiels et de bases de données partagées. En effet, la plate-forme mise en place conjointement par l’Afnor et l’Ademe ne concerne que 15 produits de grande consommation au 3 janvier 2013, comme les chaussures, les sacs à dos, le papier, les shampoings ou les lessives. Certains indicateurs comme l’écotoxicité, la consommation d’eau ou de biodiversité, ne disposent par ailleurs d’aucun encadrement méthodologique. L’Afnor et l’Ademe ont encore du travail.

Autre enseignement, 78% des entreprises ont déclaré que l’expérimentation leur avait permis de mieux connaître leur chaîne d’approvisionnement et 50% de l’améliorer effectivement.

En revanche, aucun changement de mode de consommation n’a véritablement été observé, étant donné la faible échelle de l’expérimentation.

Comme le très sérieux Centre d’analyse stratégique (voir JDLE), les entreprises estiment que l’affichage doit gagner en lisibilité pour un meilleur impact auprès des consommateurs, en s’orientant vers un «système fiable, pédagogique et harmonisé». Leur rapport suggère d’ailleurs au gouvernement de transmettre pour avis son bilan définitif (prévu avant la fin juin) au Conseil national de la consommation.

Bonne nouvelle, 67% des entreprises estiment que la généralisation de l’affichage est tout à fait réalisable techniquement.

Avec ce bilan, la généralisation de l’étiquetage environnemental vient donc d’obtenir le feu vert des entreprises, à deux conditions près. Il faut encore enrichir et mutualiser les bases de données dédiées aux impacts sur l’environnement et mettre en place un dispositif financier pour accompagner les TPE, les artisans et les PME, qui manquent de ressources en interne.

Il sera par ailleurs nécessaire de simplifier au plus vite le dispositif de l’affichage, qui existe aujourd’hui sous des dizaines de formes différentes (pourcentage, code couleur, baromètre, sur l’emballage, en rayon, ou sur un site internet…)

Si la ministre de l’écologie s’est prononcée, le 18 février, en faveur de cette généralisation, aucune date butoir n’est encore annoncée. Le Centre d’analyse stratégique a pourtant recommandé d’officialiser tout de suite l’obligation, qui serait mise en œuvre dans un délai transitoire de 3 à 5 ans.

(1)Le bilan présenté le 18 février se base sur 4 indicateurs: les questionnaires des entreprises, leurs éventuels bilans, des entretiens téléphoniques et les contributions d’associations et de fédérations professionnelles.

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/synthese_rapport_E_Y_V2.pdf



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