Affichage environnemental: de l’expérimentation à la généralisation?

Le 08 mars 2011 par Célia Fontaine
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Le test grandeur nature pour 168 entreprises se fera à partir du 1er juillet 2011.
Le test grandeur nature pour 168 entreprises se fera à partir du 1er juillet 2011.

74% des Français souhaitent connaître l’impact environnemental des produits qu’ils achètent (*). Dès le 1er juillet prochain et pour un an, 168 entreprises expérimenteront un nouvel affichage qui se veut à la fois clair et fiable.

On connaissait l’étiquette Energie sur l’électroménager, l’étiquette CO2 sur les véhicules[1]. Et depuis le début de l’année, l’étiquette Energie pour les logements. Bientôt, le consommateur pourra prendre connaissance de l’empreinte écologique de ses achats, grâce à une information multicritères: l’impact sur les ressources naturelles, les matières premières, l’eau, la biodiversité, l’air, les déchets…

L’appel à volontaires lancé en novembre dernier (dans le JDLE) a mobilisé les entreprises. Plus de 230 d’entre elles ont été intéressées par cette expérimentation en vue d’une éventuelle généralisation, prévue par le Grenelle de l’environnement et inscrit à l’article 228 de la loi Grenelle II.

«Nous avons été surpris de la grande variété d’entreprises qui se sont manifestées, c’est un bon signal pour la qualité de l’expérimentation», a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre en charge de l’écologie, à l’occasion d’une réunion d’étape le 8 mars à Paris.

Au final, seulement 168 entreprises (1.000 produits concernés) ont été sélectionnées par l’Hôtel de Roquelaure, qui a cherché à constituer un panel «varié et équilibré de produits ou services de tous secteurs, mais également de taille gérable dans le cadre d’une expérimentation». Reste qu’un tiers des candidats opèrent dans le domaine de l’alimentaire, et nombreuses sont les sociétés d’origine espagnoles[2] de fruits et légumes. Nos voisins seraient-ils plus au point sur leur système d’affichage?

Les autres secteurs sont le textile-habillement, l’ameublement, les produits de construction et de bricolage, les soins de la personne, l’imprimerie ou encore l’édition.

«Nous avons pris ceux qui avaient déjà un dossier présentant des méthodes d’affichage au point, car le calendrier est serré jusqu’au 1er juillet prochain», justifie Michèle Pappalardo, commissaire générale au développement durable. Il s’agit, en effet, d’étudier les différentes méthodes proposées par les entreprises: affichage sur le produit lui-même ou sur l’emballage, sur des pancartes en magasin à proximité des produits, sur catalogue, ou de façon dématérialisée avec renvoi vers un site internet plus complet. «Nous allons travailler systématiquement par type de projet et catégorie de produit», insiste l’ancienne présidente de l’Ademe. La diversité des opérations retenues pour cette phase d’expérimentation permettra de tester les différents formats d’affichage: données environnementales brutes, échelles relatives, graphiques…

Prévue pour débuter le 1er juillet prochain, l’expérimentation nationale permettra d’avoir des retours sur la perception des consommateurs: analyse de la pertinence des différents supports de communication et des différents formats d’affichage, dont la visibilité et la lisibilité.

Car, pour être utile, l’affichage environnemental devra être clair, fiable et cohérent, rappellent les associations de consommateurs et de défense de l’environnement. Il s’agit d’éviter le greenwashing, dont se méfie déjà une grande partie de la population.

«L’affichage environnemental peut déclencher un cercle vertueux qui entraîne l’ensemble du marché vers plus d’environnement. De nombreux consommateurs l’ont bien compris et veulent disposer d’une information fiable pour l’ensemble des produits, pour pouvoir ‘voter aussi avec leurs sous‘», insiste Gaël Virlouvet, responsable de la mission Economie de France nature environnement (FNE).

La fédération d’associations écologistes souhaite la mise en place d’une note unique, multicritère, facilement visible sur le produit ou sur son emballage. En outre, préconise-t-elle, les produits les plus vertueux –locaux et de saison, bio, éco-labellisés, sans huile de palme, sans pesticides, sans OGM– devraient être clairement valorisés par rapport à des produits qui ont un impact fort sur l’environnement et la santé. L’expérimentation doit également permettre d’étudier le contrôle des données affichées.

«Nous attendons de cette expérimentation un engagement plus fort du consommateur. Car un consommateur bien informé peut s’engager, choisir ses produits autrement. D’autre part, cette expérimentation va renforcer le pôle de compétitivité du site France: l’entreprise qui se soucie de produire à proximité et qui travaille sur le cycle de vie du produit, travaille sur la compétitivité», avance, de son côté, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Dans l’esprit du Grenelle, le suivi de l’expérimentation sera mené avec les différentes parties prenantes: Comité national du développement durable et du Grenelle de l’environnement, ministères, plate-forme Afnor-Ademe, Conseil national de la consommation, etc. La suite, l’été prochain.

 

(*) Selon l'étude annuelle sur la consommation durable de TNS/Ethicity (2010)



[1] Depuis 2008, une étiquette CO2 est apposée sur les véhicules pour indiquer la consommation de carburant et les émissions de CO2. Cette mesure, couplée avec le bonus/malus, a conduit à une baisse des émissions de voitures neuves achetées en France de 149 grammes de CO2 en 2007 à 130 grammes en 2010.

[2] Le nouvel affichage s’applique à la fois aux produits fabriqués et consommés en France et aux produits importés et consommés en France



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