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Aéroports: le ton monte contre le plan anti-bruit

Le 30 novembre 2011 par Stéphanie Senet
Associations et élus d’Ile-de-France se sont réunis aujourd’hui 30 novembre pour livrer un premier bilan désastreux du plan ministériel contre les nuisances sonores qui s’applique depuis le 17 novembre autour des aéroports.
 
Un front commun dépassant les étiquettes politiques s’organise en Ile-de-France. Parmi la douzaine de représentants associatifs et d’élus qui tirent le signal d’alarme contre les nouvelles mesures anti-bruit, se trouvent des députés, des sénateurs et des conseillers régionaux de l’UMP, du PS et d’EELV.
 
Pierre-Yves Rougeaux, du collectif contre les nuisances aériennes de Dourdan et sa région, a résumé la situation: «Ce qui nous unit, c’est une grosse colère contre ce projet dont on ne comprend pas l’intérêt général. Plus de 10 jours après sa mise en œuvre, on constate une hausse de la pollution et aucune réduction des nuisances sonores», a-t-il affirmé lors de la conférence de presse organisée à Paris.
 
La mesure-phare, annoncée par Nathalie Kosciusko-Morizet le 10 novembre, se résume à un relèvement de 300 mètres de l’altitude à laquelle les avions amorcent leur descente [JDLE]. Selon ce collectif, la réduction annoncée de moitié des nuisances sonores n’est pas au rendez-vous. Il appuie sa conclusion sur les mesures effectuées par Bruitparif à Limours, dans l’Essonne. A configuration de vent égale, les niveaux enregistrés le 16 novembre, avant l’application du plan, sont identiques à ceux du 23 novembre: entre 60 et 70 décibels dans la commune à chaque passage d’avion (toutes les 3 minutes).
 
Deuxième constat: l’allongement des trajectoires produit une plus grande pollution. Selon Pierre-Yves Rougeaux, les avions vont effectuer, au minimum, 10 kilomètres supplémentaires à chaque atterrissage. «Cela va se traduire par une augmentation de la consommation de kérosène de 17.000 tonnes par an et par une hausse de 45.000 tonnes des émissions de CO2, sans parler des oxydes d’azote et des particules fines responsables de nombreux décès en France», a-t-il calculé. En résumé, cela représente les émissions de 250.000 véhicules supplémentaires en Ile-de-France.
 
Pour réduire efficacement les pollutions sonores et atmosphériques, le Collectif inter-associatif du refus des nuisances aériennes (Cirena) demande au contraire la suppression des vols de nuit à Roissy entre 23h et 7h (comme à Orly), le plafonnement du trafic à 500.000 mouvements par an, et la généralisation de la descente continue des avions à 1.800 mètres au minimum.
 
Soutenues par plusieurs élus franciliens, les associations vont déposer, d’ici janvier 2012, un recours devant le Conseil d’Etat pour annulation de l’arrêté publié au Journal officiel le 16 novembre dernier. «Nous allons former un recours en référé de suspension et des actions sur le fond», explicite Marie-Pierre Maitre, avocate associée au cabinet Huglo Lepage. Selon elle, les dossiers portés à l’enquête publique sont incomplets (pas d’étude d’impact sur la pollution atmosphérique ni sur des solutions alternatives). Elle ajoute que l’information et la participation du public ont été insuffisantes (A Orly, l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires a organisé elle-même des réunions). Dernier argument: Marie-Pierre Maitre souhaite mettre en avant la hausse conséquente des émissions de gaz à effet de serre, contraire au Grenelle de l’environnement.
 
En toile de fond, les élus posent la question du trafic aérien en France. Selon Philippe Esnol, sénateur PS des Yvelines, «les décisions prises ne font que favoriser sa hausse». Le maire de Conflans-Sainte-Honorine estime que l’altitude réglementaire des avions n’est pas respectée au-dessus de sa commune. A sa demande, un groupe de travail au Sénat sur les nuisances aéroportuaires va être créé. Pour Anny Poursinoff, députée EELV des Yvelines, «le trafic aérien ne paie pas de taxes à la hauteur des nuisances qu’il provoque et il faut tendre vers une réduction du trafic». Le député UMP de l’Essonne, Franck Marlin, estime que Nathalie Kosciusko-Morizet a totalement battu en brèche le Grenelle de l’environnement qu’elle a elle-même mis en place. Enfin, le député UMP du Val d’Oise, Philippe Houillon, saisira le Conseil constitutionnel avec une question prioritaire de constitutionnalité sur la nouvelle réglementation.
 
 


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