«Adopter une loi pour mettre fin aux scandales sanitaires»

Le 07 septembre 2012 par Geneviève De Lacour
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Le problème des pesticides, au coeur des débats...
Le problème des pesticides, au coeur des débats...

 «Que le thème de la santé environnementale soit débattu est déjà une victoire en soi, car à l’origine il avait été oublié de la table des négociations», explique Nadine Lauverjat, porte-parole du Rassemblement pour la planète (RPP), une fédération d’ONG regroupant Générations futures, réseau Environnement-santé (RES), Robin des toits, Greencross, Sea Shepherd et Ecologie sans frontières.

La table ronde sur la santé environnementale se fera sous la co-présidence de Marisol Touraine, ministre de la santé, et Geneviève Fioraso, ministre de la recherche. Un choix qui est salué par André Cicolella, porte-parole du RES. «car la recherche joue un rôle-clé au niveau de cette thématique. Elle permet de mieux appréhender la complexité des liens entre exposition et maladie».

Ce que les ONG espèrent de cette conférence? D’abord «amorcer le changement de paradigme», explique le représentant du RES qui souhaite voir la prévention revenir au cœur de la thématique. Il espère une «diminution des dépenses de santé en agissant sur les causes des maladies chroniques actuellement en pleine croissance», précise André Cicolella.

Pour le RPP, il faudrait déjà appliquer les objectifs du Grenelle. La fédération déplore en effet que certaines mesures du Grenelle telles que la loi d’alerte et d’expertise qui protège les lanceurs d’alerte, mais aussi la création de l’institut de veille environnementale soient passées à la trappe. «Il faut doter cet institut de moyens financiers conséquents grâce à la fiscalité environnementale», précise le représentant du RES. Le Rassemblement pour la planète se prononce également pour l’adoption d’une loi «pour mettre fin aux scandales sanitaires».

Enfin le plan Ecophyto 2018 est souvent évoqué par les ONG comme l’une des grandes déceptions du Grenelle. Ce plan, qui vise à réduire de 50% l’utilisation des pesticides d’ici 2018, n’atteint pas les objectifs fixés il y a 5 ans. En effet, la consommation française de produits phytosanitaires, loin de diminuer, est actuellement toujours en progression. L’objectif à 2018 a été fixé à 34,4 millions de doses-unités (Nodu), soit la moitié du nombre de 2008. En 2010, il était encore de 70,6 millions Nodu selon les chiffres du CGDD rassemblés pour la Conférence environnementale. Le RPP se déclare pour la réorganisation du système d’homologation des pesticides «via une autorisation de mise sur le marché faite en commission interministérielle». Pour Bruno Genty, président de France nature Environnement (FNE): «Il faut surtout comprendre les blocages, et réfléchir aux moyens d’y remédier». Il propose la séparation des rôles de conseil et de vente de pesticides aux agriculteurs, mais aussi l’interdiction des pesticides cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR), des perturbateurs endocriniens et des pesticides systémiques tels que les néonicotinoïdes, ceux-là même qui rendent folles les abeilles. FNE s’oppose aux épandages aériens et se prononce pour une taxation dissuasive spécifique aux produits phytosanitaires.

«Nous demandons une conférence en deux temps: après la Conférence environnementale nous souhaitons que les acteurs du risque –professionnels de santé, ingénieurs, architectes, gestionnaires du risque– se retrouvent dans une seconde conférence», rajoute André Cicolella. Car selon lui, il est regrettable que toutes les personnes qui ont à gérer le risque ne se retrouvent pas autour de la table des négociations.

A l’image de l’empreinte écologique, l’épidémiologiste propose la mise en place de la notion d’«empreinte sanitaire» des produits ou des activités.

Reprenant les propos de la garde des Sceaux, qui en juin dernier souhaitait voir mises en place des «class actions», le porte-parole du RES annonce qu’elles seront mises en avant lors de la conférence. «Les class actions permettraient de faire avancer le dossier de l’amiante par exemple», précise André Cicolella qui déplore l’actuel statu quo sur le sujet.

L’ancien chercheur de l’Ineris fait aussi remarquer que la France peut jouer un rôle important au niveau international en matière de prévention des polluants. Forte de son vote parlementaire interdisant le bisphénol A (BAP) dans les biberons et les contenants alimentaires, «la France a un rôle majeur à jouer». Il se déclare pour la mise en place d’un axe franco-danois en matière de décision politique, les deux pays étant en pointe dans la gestion des problèmes de santé environnementale.

André Cicolella affirme enfin que les sénateurs ont inscrits à l’ordre du jour le texte de loi sur le BPA. Celui-ci devrait ainsi être voté le 15 octobre prochain au Sénat.

 



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