Adidas-Salomon: inspections chez ses sous-traitants

Le 19 janvier 2005 par Christine Sévillano
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Dans le groupe Adidas-Salomon, une équipe de 32 personnes a en charge l'inspection des sous-traitants à travers le monde. Ces actions ne cessent de se développer dans les entreprises distribuant notamment des articles textiles dont la production est fortement délocalisée en Asie ou en Afrique. Les référentiels d'inspection agrègent des critères sociaux et environnementaux.

Le programme des affaires environnementales et sociales d'Adidas-Salomon a vu le jour en 1998. Le premier objectif consistait à évaluer le respect des normes environnementales des sous-traitants du groupe fabriquant d'articles de sport dont le siège est en Allemagne. Les salariés chargés de se rendre chez les fabricants doivent en effet vérifier qu'ils recyclent l'eau et que les rejets n'ont pas d'impact sanitaire. Les conditions de stockage des substances chimiques sont également examinées attentivement, tout comme les conséquences de leur usage sur l'environnement. Outre ces critères, les auditeurs internes en charge des inspections doivent s'assurer du respect de conditions sociales et de sécurité des salariés de leurs sous-traitants.

«Avant de nous rendre dans les unités de production, nous procédons à des évaluations des risques et nous nous arrêtons sur celles qui nécessitent le plus d'aménagements», explique Anne Putz du département de la communication du groupe. L'inspecteur procède alors à des mesures de bruit des machines ou d'éclairage des salles de production. Il constate si les employés porte des équipements de protection, l'état des cuisines et des cantines ou encore la qualité de l'eau consommée par les salariés. Les mauvaises pratiques les plus fréquemment relevées par le groupe sont le nombre d'heures de travail trop élevé par rapport à la norme, fixé à 60 heures. Dans l'un des derniers sites visités à Istanbul qui produit des écharpes de football, les employés travaillaient entre 65 et 70 heures par semaine. L'absence de liberté d'association, la discrimination, les conditions de santé et de sécurité des employés, les salariés sous-payés ou des pratiques de management douteuses sont autant de facteurs relevés chez les sous-traitants. Ils ont d'ailleurs pu être à l'origine de rupture de contrat entre Adidas et ses fabricants. En 2003, le groupe a opéré quatre ruptures de contrats. «Il faut vraiment que le manager de l'usine y mette de la mauvaise volonté ou que les manquements soient très graves pour arriver à une telle extrémité», poursuit Anne Putz.

A chaque contrôle, les inspecteurs proposent un plan d'actions que doit mettre en oeuvre le directeur de l'usine afin de mieux répondre aux référentiels environnementaux et sociaux d'Adidas-Salomon. Il tente en outre de trouver des explications aux difficultés rencontrées. Ainsi pour l'usine d'Istanbul visitée en décembre, il est apparu que les salariés travaillaient plus que les 60 heures hebdomadaires tolérables car les commandes des autres clients étaient établies dans des délais trop brefs. L'inspecteur a alors proposé une modification de l'appareil de production afin de gagner en productivité. Le groupe tente donc d'établir des liens plus étroits avec ses sous-traitants. Il tente de les transformer en partenaires en leur indiquant des solutions pour remédier à leurs difficultés de management. «Nous leur montrons aussi que donner de meilleures conditions de travail à leurs employés leur permet d'acquérir un niveau de production plus satisfaisant», poursuit la responsable de communication.

En 2003, 208 sites ont été visités, dont certains deux à trois fois dans l'année selon l'importance des rééquilibrages à effectuer. Sur les 906 sous-traitants que compte le groupe, la moitié est considérée par Adidas-Salomon comme ayant de bonnes pratiques sociales et environnementales. La vérification des inspections et le contrôle des inspecteurs sont opérés dans le cadre d'un accord du groupe avec l'organisation non gouvernementale Fair labor association. 539 sous-traitants sont basés en Asie dont 164 en Chine. Les fabricants asiatiques assurent 95% de la production de chaussures et 90% des vêtements des marques d'Adidas-Salomon.




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