Ademe: Arnaud Leroy présente son programme

Le 07 mars 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Coup sur coup, Arnaud Leroy a détaillé son programme à l'Assemblée et au Sénat.
Coup sur coup, Arnaud Leroy a détaillé son programme à l'Assemblée et au Sénat.
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Candidat de l’Elysée à la présidence de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), Arnaud Leroy était auditionné, ce mercredi 7 mars, par la commission du développement durable de l’Assemblée nationale. L’occasion pour l’ancien député de présenter ses priorités d’action. Au menu: efficacité et pertinence de la dépense publique.

 

Enfilant les pantoufles de l’actuel patron de l’agence, Bruno Léchevin, le spécialiste du droit de la mer a d’emblée mis les pieds dans le plat: «Nous avons un problème budgétaire pour assurer la transition écologique et énergétique.» De fait, lors du vote de la loi de finances, les parlementaires ont amputé de 10% (à 540 millions d’euros) les autorisations d’engagement de l’agence basée à Angers. Et pour contribuer pleinement à la réduction de la dépense publique, 18 postes seront supprimés en 2018.

 

Des Verts à Macron. Né en 1976 dans une famille modeste, Arnaud Leroy poursuit des études de droit maritime avant de devenir le collaborateur du député européen écologiste, Gérard Onesta. En 2012, il est élu député (PS) des Français établis hors de France. Proche d’Arnaud Montebourg, il siège à la commission du développement durable de l’Assemblée. Après avoir échoué à se faire élire conseiller régional PS de Nouvelle-Aquitaine, Arnaud Leroy rallie, en janvier 2017, la candidature d’Emmanuel Macron.

Il faudra faire aussi bien, sinon mieux, avec moins. Pour ce faire, l’ancien expert en sécurité maritime demande un peu de temps, pour «voir l’état des choses». Au terme de ce tour des partenaires de l’agence, Arnaud Leroy ne s’interdit pas de faire évoluer le système d’intervention de l’Ademe. Stable, à 2.015 M€ par an, le fonds Chaleur pourrait se focaliser sur de plus petites installations que précédemment. Des réseaux collectifs et des chaudières dont l’économie (menacée par la baisse du prix des hydrocarbures) pourrait être soutenue par une progression de la contribution Climat Energie, prévue dans la prochaine stratégie nationale bas carbone (SNBC).

Poil à gratter

A la question du doublement du fonds Chaleur, le président putatif reste évasif: «Il faudra que l’on en démontre l’utilité.» La même question se pose, semble-t-il, pour le fonds Air Bois de soutien à l’achat d’appareils de chauffage, notamment dans la vallée de l’Arve, et pour la lutte contre la précarité énergétique. «10% des rénovations ont un impact énergétique réel», estime le rédacteur du programme Energie du candidat Macron. D’où la nécessité, probablement, de réviser l’action des Espaces Info Energie. «J’entends faire de l’Observatoire de la précarité énergétique un véritable poil à gratter.» Une campagne de communication sur le sujet est également annoncée pour l’an prochain.

Cette recherche de l’efficacité de la dépense sera la première des priorités du 9e président de l’Ademe.

Recentrage du fonds Déchets

En baisse de 20% par rapport à 2017, le fonds Déchets devrait être utilisé différemment. Son utilisation sera recentrée sur l’accompagnement des collectivités, la modernisation des centres de tri, le soutien à la valorisation organique et énergétique, des coups de pouce à l’industrie du recyclage. Sans oublier les questions liées au développement de l’économie circulaire: éco-conception, aide au diagnostic pour les économies de ressources, lutte contre le gaspillage alimentaire.

Les programmes Déchets laissés de côté seront financés par les éco-organismes et par un nouveau fonds au soutien des entreprises, soutenus par des appels d’offres, ou ne bénéficieront plus de soutien, à l’instar des déchetteries, des unités de compostage et des méthaniseurs. Ces derniers tombant sous la coupe du fonds Méthanisation (100 M€) dont la création a été récemment annoncée par le ministre de l’agriculture.

Partenariats tous azimuts

Pour faire avec moins, Arnaud Leroy entend aussi multiplier les partenariats. Pour accroître, notamment, le gisement des énergies renouvelables biosourcées, l’Ademe va se rapprocher de l’Agence française pour la biodiversité (AFB). Un rapprochement avec le ministère en charge de la recherche (l’une des tutelles de l’agence) n’est pas exclu. En vue: des appels à projets consacrés au stockage de l’énergie et aux réseaux intelligents.

L’Ademe du nouveau monde ne s’interdit pas non plus de recourir à de nouveaux types de financements, telles les obligations vertes. Des discussions sont d’ailleurs ouvertes avec France Trésor pour permettre à l’agence de se positionner sur ce marché, en appui aux collectivités.

Des collectivités dont Arnaud Leroy entend rester proche. «Nous allons défendre notre présence territoriale. Car on ne peut massifier la transition écologique et énergétique depuis Paris, cela nous conduirait dans le mur du périphérique.»

Interrogé sur la neutralité d’une agence de l’Etat dirigée par un proche du président de la République, le Lillois s’est voulu rassurant: «Je ne ferai pas de l’Ademe une agence de la Macronie.» Pour autant, l’ancien écologiste ferraillera sur les sujets qui lui tiennent à cœur. «On aura des discussions un peu serrées lors des débats sur la programmation pluriannuelle de l’énergie et de la stratégie nationale bas carbone», promet-il.



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