Adaptation : l’agriculture manque de moyens

Le 06 décembre 2010 par Célia Fontaine
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Les moyens financiers manquent pour adapter l’agriculture aux conséquences du changement climatique, surtout dans les pays en développement. Tel est l'un des principaux messages lancés par l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), lors la réunion annuelle de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se tient du 29 novembre au 10 décembre 2010 à Cancún, au Mexique.

Les inondations et les sécheresses touchent de plus en plus les grands pays céréaliers, ce qui a pour effet d’entraîner une forte hausse des prix alimentaires. Il faut s’attendre à ce que de tels événements se reproduisent avec une intensité croissante au cours des prochaines décennies, prévient la FAO.

Si le secteur agricole a saisi l’urgence de la situation, les fonds sont « largement insuffisants » pour relever les défis à venir, affirme Peter Holmgren, directeur de la division de l'environnement, du changement climatique et de la bio-énergie à la FAO, dans un communiqué du 3 décembre.

« Les dépenses publiques pour l'agriculture dans les pays en développement sont très faibles. Elles atteignent, dans les économies dominées par le secteur primaire, quelque 4 % du PIB agricole bien que l'agriculture représente, dans ces pays, 29 % du PIB total », rappelle la FAO.

Cette adaptation de l'agriculture du monde en développement a été estimée par la Banque mondiale à environ 2,5 milliards de dollars (1,88 milliard d’euros) par an entre 2010 et 2050. Et selon les projections du secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), les investissements supplémentaires et les flux financiers requis par l'agriculture des pays en développement pour l'atténuation du changement climatique s'établiraient à 14 milliards $/an (10,54 milliards €/an) d'ici 2030.

Où trouver ces fonds ? « Les possibilités de financement comprennent un prélèvement en pourcentage du PIB des pays développés, des taxes sur les émissions dues au transport international ou sur les transactions financières internationales, des taxes carbone, des prélèvements sur les capitalisations … », estime Peter Holmgren. Au bout du compte, on déboucherait sur un marché du carbone mondial, poursuit-il.

Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), la vente des compensations carbone dans l'agriculture des pays non membres de l'OCDE pourrait potentiellement produire quelque 30 milliards $/an (22,59 milliards €/an), « une somme qui pourrait être utilisée pour attirer davantage de fonds sur une large échelle », suggère la FAO.

D’autre part, la réduction des émissions de la déforestation et de la dégradation des forêts (Redd) dans les pays en développement pourrait être l’un des mécanismes de financement futurs. « Les flux financiers provenant des réductions des émissions de gaz à effet de serre pourraient également atteindre jusqu'à 30 milliards $/an », selon la FAO.

Mais les ressources publiques ne suffiront pas. Les pays en développement devraient mettre en place des politiques nationales qui encourageraient l'investissement privé dans l'atténuation et l'adaptation. « Quant aux gouvernements des pays à déficit alimentaire, ils devraient augmenter la part de l'agriculture dans leurs budgets nationaux de 10% par rapport à ses niveaux actuels », conclut l’organisation.



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