Adaptation, biodiversité et verdissement de l’administration au menu du CDE

Le 12 février 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Elisabeth Borne, porte-étendard d'une écologie "massive et concrète".
Elisabeth Borne, porte-étendard d'une écologie "massive et concrète".
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La montée du niveau de la mer et le recul du trait de côte sont désormais considérés comme des menaces réelles.

Les conseillers en communication du président de la république ont une curieuse conception de leur métier. Terminé les conférences et les dossiers de presse pour expliquer précisément les mesures prises lors des conseils de défense écologique (CDE). On préfère désormais les distiller à une équipe de journalistes choisis pour leur méconnaissance des sujets traités. C’est un choix.

Trois types de mesures ont été prises, lors du CDE de ce mercredi 12 février, le 4e de la série. Sans surprise, l’objectif de préservation de la biodiversité que la France défendra à la COP 15 de la biodiversité a été validé. «30% du territoire terrestre et maritime seront classés en aires protégées d’ici à 2022», a confirmé la ministre de la transition écologique.

30% du territoire protégés

A la suite de la récente création du parc naturel des forêts de Champagne et de Bourgogne, quatre parcs naturels régionaux (PNR) devraient faire leur prochaine apparition dans le paysage administratif: le Mont Ventoux, la Baie de Somme, les Corbières et une partie du Doubs. Les 54 PNR déjà créés couvrent 15% du territoire français.

Plus anecdotique, le gouvernement annoncera, jeudi, la publication d’un arrêté de protection d’habitat naturel (APHN) pour améliorer la protection du massif du Mont-Blanc. Une façon de renforcer, très légèrement, la préservation du point culminant de l’Hexagone. Depuis 1951, le massif est classé site de caractère pittoresque, ce qui ne lui garantit aucune protection.

relocalisation possible

Bien loin des Alpes, le gouvernement va renforcer les dispositifs visant à la prévention des crues et des épisodes de submersion marine et à la gestion du trait de côte. Les services publics vont notamment accélérer l’élaboration des programmes d’action pour la prévention des inondations (PAPI). Des programmes réputés efficaces, mais dont l’élaboration peut prendre jusqu’à 8 ans. «Nous allons diviser ces délais par deux», a indiqué Elisabeth Borne, sans préciser le modus operandi. Les opérations les moins onéreuses prévus par les PAPI (coûtant moins de 20 millions d’euros) pourront être décidées localement et non plus en administration centrale.

Sur les territoires menacés par l’érosion marine ou la montée du niveau de la mer, le gouvernement prévoit la création d’une stratégie en plusieurs étapes. Premier temps: la mise à disposition des occupants des risques, comme cela existe déjà dans les zones inondables, d’informations sur le risque encouru. Les services d’Elisabeth Borne réfléchissent aussi à la création d’un permis de construire qui n’autoriseraient plus que les «constructions non pérennes ou démontables». Ce qui impose une nouvelle réforme du code de l’urbanisme.

A moyen terme, Paris n’exclue pas de devoir «relocaliser» des familles habitant dans des zones jugées trop dangereuses. Jusqu’à 50.000 logements pourraient être concernés d’ici la fin du siècle, estime-t-on à l’Hôtel de Roquelaure. A ce titre, l’Etat devra s’assurer que le fonds de prévention des risques naturels majeurs (dit Fonds Barnier) sera suffisamment doté pour financer ces nouvelles indemnisations.

solutions basées sur la nature

Parce que la construction de digues n’est pas toujours pertinente pour répondre à la montée du niveau de l’océan ou à l’érosion des côtes, le gouvernement va tester des «solutions basées sur la nature». Pour les expérimenter, les services techniques du ministère de la transition vont accompagner 8 territoires (comme Marseille ou le Haut-Pays Bigouden) pour développer et mettre en œuvre des ouvrages de protection naturelle, telle la restauration de cordon dunaire ou, en outre-Mer, le développement de mangrove.

Pour finir, le CDE a annoncé la mise en œuvre progressive de mesures dédiées aux fonctionnaires et aux agents de l’Etat. Certaines relèvent de la stricte application de la loi, comme les 50% d’alimentation de qualité, de proximité ou bio proposées dans les cantines des services publics. De même, les services publics ne pourront plus acquérir des chaudières au fioul ni des objets à usage unique en plastique. Les agents se rendant à leur travail en vélo ou en covoiturage pourront bénéficier du forfait mobilité durable de 200 euros par an. Plus originale est l’interdiction qui sera faite aux fonctionnaires de prendre l’avion s’il est possible d’assurer le même trajet en train en moins de 4 heures. «Cela ne concerne pas les entreprises, mais elles peuvent s’en inspirer», a conclu Elisabeth Borne.