Acidité et eaux chaudes fragilisent les coraux méditerranéens

Le 25 août 2011 par Geneviève De Lacour
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Les océans, grands régulateurs du climat, absorbent le quart des rejets en gaz carbonique provenant des combustibles fossiles et de la déforestation. Pas étonnant, alors, qu’ils s’acidifient…


Selon les scientifiques, 1 million de tonnes de CO2 seraient absorbées par heure par l’eau de mer dont la chimie s’en trouverait bouleversée. Or, cette acidité peut représenter à terme une menace pour les organismes calcificateurs qui fabriquent un squelette ou une coquille calcaire, comme les coraux et les mollusques.


Leur carapace calcaire serait d’autant plus sensible à l’acidité des eaux lorsqu’elles sont exposées pendant une longue période à des eaux chaudes (supérieures à 28,5°c). C'est ce que révèle une étude internationale co-dirigée par Jean-Pierre Gattuso, du Laboratoire d'océanographie de Villefranche, et publiée le 21 août dernier dans la revue Nature Climate Change. Des résultats qui laissent à penser que le réchauffement prévu de la mer Méditerranée, couplé à l'acidification de ses eaux, va accroître la fréquence des épisodes de mortalité de ces organismes.

Dans cette étude, les chercheurs ont installé des coraux (Cladocora caespitosa et Balanophyllia europaea), des patelles (Patella vulgata) et des moules (Mytilus galloprovincialis) autour de l'île d'Ischia, dans le golfe de Naples en Italie, dont les eaux sont naturellement acidifiées par des sources de CO2 liées à l'activité volcanique du Vésuve.

Et les scientifiques ont observé que les tissus et les couches organiques recouvrant les squelettes et les coquilles de ces organismes jouent un rôle majeur dans la protection de leurs structures de carbonate de calcium. En revanche, les parties de coquille ou de squelette qui ne sont pas protégées par des tissus ou des molécules organiques restent plus vulnérables et se dissolvent d'autant plus vite que l'acidité est élevée. Les chercheurs ont réussi à montrer que cette capacité de résistance est très amoindrie lorsque les organismes sont soumis à une longue période de température inhabituellement élevée (28,5°C). La mortalité des organismes est alors d'autant plus importante que l'acidité est élevée.

Pas de chance donc pour ces invertébrés marins, dont certains vivent déjà actuellement à une température proche de leur limite de tolérance et subissent des épisodes de mortalité massive. La combinaison du réchauffement de la mer Méditerranée et de l'acidification de ses eaux devrait ainsi augmenter la fréquence de leurs décès.



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