Acidification: la reproduction des poissons à l’épreuve du CO2

Le 27 juillet 2016 par Marine Jobert
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Un Symphodus ocellatus mâle.
Un Symphodus ocellatus mâle.
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Une étude vient montrer que plus l’eau est acide, plus les poissons peinent à adopter certains comportements sexuels adéquats. Des observations rares, alors que les océans continuent à s’acidifier.

Le Crénilabre ocellé (Symphodus ocellatus), un poisson endémique de Méditerranée, n’aime pas trop le CO2 quand il est question des choses de l’amour. Ou plutôt de la reproduction. Des chercheurs de l’université de Palerme ont constaté que dans un milieu riche en gaz carbonique, et donc plus acide, les facultés de reproduction du mâle étaient atteintes. Là où les choses se corsent, c’est que le Crénilabre ocellé se distribue en trois types de mâle, chacun participant à son niveau à la perpétuation de l’espèce.

Trois mâles

Le premier est le mâle dominant, qui construit le nid et assure la défense des lieux. Le deuxième lui prête main forte et reçoit en échange le droit de féconder quelques œufs. Quant au troisième, plus satellite, il se balade à proximité des nids et tente sa chance quand les dominants sont en vadrouille. Un ballet observé à proximité de cheminées de volcans sous-marins, qui relâchent du dioxyde de carbone en quantité suffisante pour donner un aperçu de l’acidité qui aura cours, selon les projections, dans les océans à l’horizon 2100.

Frayer sous acide

Dans leur article publié dans le journal Royal Society Proceedings B., les chercheurs constatent que la fréquence de reproduction des mâles est diminuée des deux tiers dans les zones les plus riches en acide carbonique. Et tous les mâles sont touchés, quelle que soit leur ‘caste’. «Les mâles dominants doivent composer avec le fait de chasser les resquilleurs et dans le même temps inviter les femelles à se reproduire, explique Mario Milazzo, de l’université de Palerme. Ils ne sont pas plus bêtes, mais ils deviennent plus lents à prendre des décisions.» Des analyses génétiques montrent que plus l’on s’éloigne des zones riches en CO2, plus la paternité des dominants remonte remonte ?.

Crustacés déjà sur la brèche

Il s’agit d’«un changement subtil, mais écologiquement important», considèrent les scientifiques, dans le contexte de l’acidification croissante des océans du globe. «Nous n’avons actuellement quasiment aucune idée de la façon dont la présence de CO2 en grande quantité dans le futur affectera la reproduction des poissons», explique Hannes Baumann, de l’université du Connecticut, interrogé par la BBC. Mais l’enjeu est de taille pour la faune marine, dont les crustacés (ici et ici) sont déjà en grande détresse.



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