Acidification et réchauffement: une menace pour la sécurité alimentaire

Le 25 septembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Certaines pêches traditionnelles sont appelées à disparaître.
Certaines pêches traditionnelles sont appelées à disparaître.

Les deux principales conséquences des changements climatiques pour le milieu marin pourraient menacer la sécurité alimentaire d’une cinquantaine de pays, indique une étude d’Oceana, publiée lundi 24 septembre.

En se basant sur une cinquantaine d’études scientifiques, l’ONG rappelle quelques données inquiétantes. En captant le tiers du CO2 atmosphérique, l’océan s’acidifie à vitesse grand V. Depuis les débuts de la révolution industrielle, l’acidité des eaux marines a progressé de 30%. Dit autrement, il y a une vingtaine de millions d’années que mers et océans n’avaient été aussi acides. Sale nouvelle pour les animaux dont la vie ne tient qu’à un squelette, une carapace ou une coquille de calcaire: coraux, oursins, langoustes ou moules.

Sous l’effet de la montée des températures moyennes, l’eau s’échauffe aussi. Depuis 1960, les températures de l’eau de surface ont, en moyenne, progressé de 0,6°C. Ce qui est considérable. L’océan étant capable de stocker 300 fois plus de chaleur que l’atmosphère, les climatologues estiment que la quasi-totalité de l’excès de chaleur accumulé dans le système climatique planétaire, au cours du dernier demi-siècle, est ainsi stocké dans les eaux marines.

Avec l’accroissement annoncé des concentrations de gaz à effet de serre, ces phénomènes sont appelés à s’amplifier. Ce qui ne sera pas sans effet sur les ressources alimentaires marines. Les récifs coralliens, qui abritent un tiers des espèces marines et nourrissent une trentaine de millions de personnes, devraient fortement reculer. De même que les populations de mollusques, qui fournissent la moitié des protéines des habitants d’archipels du Pacifique et des Caraïbes (Aruba, Turks, Caicos, Cook). Selon une modélisation réalisée sur 1.066 espèces, les captures pourraient diminuer de 40% dans certaines régions d’ici à 2055, rappelle Oceana.

En ne prenant en compte que les conséquences des changements climatiques sur les pêcheries, l’ONG a recensé une dizaine de pays pour lesquels la baisse d’approvisionnement pourrait menacer la sécurité alimentaire: Maldives, Togo, Comores, Iran, Libye, Singapour, Koweït, Guyana, Indonésie et Emirats arabes unis.

L’acidification, seule, menace les approvisionnements des îles Cook, de la Nouvelle-Calédonie, des îles Turks-et-Caicos, des Comores, de Kiribati, d’Aruba, des îles Féroé, du Pakistan, de l’Erythrée et de Madagascar.

En combinant les deux phénomènes, Oceana estime à une cinquantaine les pays africains, asiatiques et moyen-orientaux, essentiellement, qui pâtiront sévèrement de l’évolution des océans et de la vie marine. Au total, l’alimentation de plus d’un milliard de Terriens serait ainsi menacée. La plupart du temps, ce seront les populations les plus pauvres qui paieront le tribut le plus lourd. Mais les pays riches ne sortiront pas indemnes de cette épreuve.



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