Acides gras trans: un «0%» trompeur

Le 03 septembre 2014 par Romain Loury
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Quasi-tromperie sur la marchandise
Quasi-tromperie sur la marchandise
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Aux Etats-Unis, les acides gras trans se cachent parfois derrière l’étiquetage, selon une étude des centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). En particulier derrière le label «0% Trans fats», un peu trop ouvert.

Depuis 2006, la Food and Drug Administration (FDA) oblige les industriels à indiquer sur les emballages la teneur en acides gras trans, ou graisses partiellement hydrogénées. Mauvais d’un point de vue cardiovasculaire, ces lipides bénéficient toutefois d'une marge de tolérance: un produit peut porter la mention «0% Trans Fats» jusqu’à 0,5 gramme par portion.

Un détail, mais qui au final pourrait cacher une grande partie des acides gras trans ingérés par le consommateur américain. C’est ce que montrent les CDC dans leur étude menée sur 4.340 des produits alimentaires les plus courants. Car parmi les 9% qui contiennent des acides gras trans, seuls 16% dépassent réellement le seuil de 0,5 g par portion.

toujours des traces

Quid des 84% restants? Et bien ils sont étiquetés «0% Trans Fat », et en contiennent de quelques traces jusqu’à près de 0,5 g/portion. Rien d’illégal à cela, mais le consommateur se retrouve ainsi à consommer le plus gros de ses acides gras trans sans le savoir.

Exemple évocateur, les biscuits: parmi les 218 analysés, 76 contiennent des acides gras trans, mais 68 d’entre eux sont étiquetés 0%. Et parmi les 30 marques de salades de pommes de terre, c’est le cas de 13 des 15 qui comportent ces lipides.

Pour les CDC, «éliminer les acides gras trans des produits alimentaires est faisable, mais l’étiquetage n’y est pas parvenu. En raison des règles actuelles, les gens continuent à en consommer sans le savoir».

Une consommation en baisse

Malgré cela, la consommation d’acides gras trans a bien baissé aux Etats-Unis ces dernières années, comme l’ont montré plusieurs études (voir le JDSA). La FDA s’apprête d’ailleurs à leur donner le coup final, en leur retirant le statut de «Generally Recognized As Safe», ce qui interdirait leur présence dans les aliments (voir le JDSA).

Moins avancées sur le sujet, la France et l’UE n’ont pas encore mis en place d’étiquetage obligatoire des acides gras trans. «Néanmoins, il est possible d'identifier leur présence par les termes huiles (ou graisses) partiellement hydrogénées’. Dans ce cas, la présence d'acides gras trans fait l'objet d'un étiquetage volontaire par l'industriel», rappelle l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) sur son site internet.

Le sujet pourrait toutefois évoluer dans les prochaines années: selon le règlement n°1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, la Commission dispose jusqu’à décembre 2014 pour présenter un rapport sur les acides gras trans. Le document devra proposer des «mesures appropriées» pour en diminuer les apports, «y compris, entre autres, la fourniture d’informations aux consommateurs (…) ou l’imposition de restrictions à leur usage», indique le règlement.



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