Accord sur le paquet Climat-énergie

Le 15 décembre 2008 par Sonia Pignet
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Drapeau europe
Drapeau europe

Historique pour les uns, échec pour les autres, un accord européen sur le paquet Climat-énergie a finalement été trouvé le vendredi 12 décembre en début après-midi. Retour sur deux jours de négociations entre les 27 Etats membres.



Jeudi 11 décembre, lorsque les discussions reprennent pour aboutir à un compromis sur le paquet Climat-énergie, il reste encore deux points cruciaux à aborder: la solidarité financière avec les pays d’Europe de l’Est, et la préservation de la compétitivité de l’industrie européenne. Les 27 se sont en effet déjà mis d’accord sur les 20% d’énergie renouvelable à intégrer dans la consommation énergétique de l’UE d’ici 2020 et sur les émissions de CO2 dans l’automobile. Les associations de défense environnementale sont pessimistes et redoutent de voir le texte vidé de son contenu devant les exigences de certains pays. Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, exhorte l’Europe à se montrer exemplaire, à la veille de la clôture de la Conférence climat de Poznan.

La réunion commence dans un climat tendu, l’Italie menaçant toujours de bloquer le plan européen, tout comme l’Allemagne et la Pologne. Ils craignent pour la compétitivité de leurs entreprises -déjà affaiblies par la crise financière- à cause de l’achat dès 2013 de permis d’émission de CO2 qu’ils reçoivent jusqu’à présent gratuitement. Finalement, jeudi soir, ces trois pays se disent satisfaits des propositions faites par Nicolas Sarkozy, puisqu’ils ont obtenu d’importantes exonérations pour leurs industries. Ainsi, les compagnies électriques des pays de l’Est continueront de recevoir 70% de leurs quotas gratuits en 2013, suivant les vœux de la Pologne. Il reste donc à se mettre d’accord sur la solidarité financière, et là, c’est la Hongrie qui fait obstacle, jugeant insuffisants les 10% des permis européens de polluer donnés aux pays les plus pauvres de l’UE au nom de la solidarité.

Vendredi, ce point est finalement résolu, la Hongrie,comme tout nouvel Etat membre ayant consenti des efforts importants de réduction des émissions depuis 1990, obtenant 12% de permis de polluer. Nicolas Sarkozy crie victoire et Jean-Louis Borloo salue «une décision historique pour la planète» dans un communiqué de l’AFP. André Antolini, président du Syndicat des énergies renouvelables, estime qu’il s’agit d’«une formidable nouvelle et d’une action décisive pour l’Europe».
Il n’en est pas de même des associations, certaines appelant les parlementaires européens à ne pas voter un tel accord et à l’amender lors de leur vote du 17 décembre.

Elles reprochent à ce compromis d’être «en totale contradiction avec l’objectif à long terme de l’Europe de diminuer le réchauffement global bien en deçà des 2°C», dans un communiqué de vendredi rédigé par le Réseau action climat, Greenpeace, WWF et les Amis de la terre.
Incriminés, les permis de polluer accordés gratuitement, «qui vont à l’encontre de la lutte contre le réchauffement climatique et serviront seulement à enrichir les entreprises», estime Karine Gavand, chargée de campagne Climat de Greenpeace France. Autre motif de mécontentement, l’objectif de 30% de réduction des émissions européennes de gaz à effet de serre pour 2020 en cas d’accord mondial à Copenhague en décembre prochain. «Alors qu’il était prévu que cet objectif soit décidé en comitologie, ce sera finalement en co-condition, avec un effort qui ne sera pas obligatoirement porté jusqu’à 30%», dénonce Karine Gavant. Les associations se disent également déçues par la possibilité pour les entreprises d’effectuer plus des deux tiers de leurs réductions d’émission de CO2 hors UE par de la compensation carbone. Selon Greenpeace, cet accord permettra à l’Europe de ne réduire que de 4% ses propres émissions de GES d’ici à 2020.

«Toutefois, ne pas avoir d'accord du tout aurait été un coup de canon marquant le début d'une crise profonde et durable dans les négociations internationales sur le climat. Ne pas conclure d'accord, même mauvais, c'était prendre le risque d'un échec programmé pour le sommet de Copenhague», tempère France nature environnement dans un communiqué du 12 décembre. L’association appelle à continuer de faire pression sur les Etats pour que ceux-ci se montrent plus ambitieux lorsque l’accord sera débattu par le Parlement européen.

Samedi, le plan est passé entre les mains des négociateurs du Parlement européen, qui l’ont eux aussi approuvé après quelques retouches. Celles-ci «ne rouvrent pas le paquet législatif», a affirmé un négociateur à l’AFP. Le plan sera examiné par le Parlement européen à partir de demain mardi.


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