Accord peu ambitieux sur les quotas de pêche européens en 2020

Le 18 décembre 2019 par Stéphanie Senet
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L'UE reporte encore la généralisation de la pêche durable
L'UE reporte encore la généralisation de la pêche durable

Les Etats membres de l’Union européenne ont trouvé un accord, dans la nuit du 17 au 18 décembre, sur les possibilités de pêche en Atlantique du Nord-Est, mer du Nord et Méditerranée. Un accord qui ne garantit pas la durabilité totale de la pêche en 2020.

Sans surprise, la fin de la surpêche n’aura pas lieu en 2020 dans l’Union européenne. Contrairement à ce qu’avait programmé la réforme de la politique commune de la pêche (PCP) en 2013. «62 stocks seulement respecteront le rendement maximum durable (RMD). Ce qui devrait représenter environ 60% des stocks d’Atlantique du Nord-Est et de la mer du Nord», explique Nicolas Fournier, chargé de mission à l’ONG Oceana. «Ce signal n’a rien de rassurant pour la suite du Pacte vert (cf JDLE) présenté la semaine dernière par la Commission européenne», poursuit-il.

 

Le cabillaud en état critique

De nombreuses espèces en situation critique, selon les évaluations scientifiques réalisées mi-2019, pourront donc être pêchées à un niveau supérieur à leur RMD. «C’est le cas du cabillaud au Nord de l’Irlande et à l’Ouest de l’Ecosse, du merlan en mer d’Irlande et de la sole en mer Celtique», note Jean-Christophe Vandevelde, chargé de mission à l’ONG Pew. Dans un état désastreux, le cabillaud voit ses prises réduites de moitié par rapport à 2019, dans le cadre des prises accessoires, alors que la Commission proposait une baisse d’au moins 88% dans l’Ouest de l’Irlande, en Manche Est et mer Celtique. Soit 805 tonnes en définitive. Les quotas d’églefin sont pour leur part augmentés de 30% à 10.859 t en 2020.

Les quotas de prises accessoires de bar ont aussi été relevés dans les zones septentrionales. La pêche récréative est par ailleurs limitée à deux poissons par pêcheur et par jour, sous certaines conditions, entre le 1er mars et le 30 novembre.

 

Baisse théorique de l’effort de pêche en Méditerranée

Pour la première fois, les captures en Méditerranée occidentale sont rattachées à cet accord. Elles font l’objet d’une réduction de l’effort  de pêche de 10%, qui devra être précisée par chaque Etat côtier et qui reprend les conclusions du compromis sur le plan de pêche pluriannuel trouvé en février dernier. «Cette réduction est très décevante car elle est automatiquement annihilée par les fraudes à la motorisation des bateaux de pêche. La puissance réelle est en effet deux à trois supérieure à la puissance déclarée selon un audit publié en juin par la Commission européenne», analyse Nicolas Fournier d’Oceana. Par ailleurs, la durée d’une journée de pêche pourra être allongée par les Etats membres. A suivre dans le décret d’application français, prévu en janvier prochain.