Accord de Paris : quel mode d’emploi ?

Le 03 septembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour Patricia Espinosa, il faut trouver le bon équilibre entre adaptation et atténuation.
Pour Patricia Espinosa, il faut trouver le bon équilibre entre adaptation et atténuation.
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Négociateurs, experts et diplomates se retrouvent cette semaine à Bangkok pour esquisser les règles d’application de l’accord conclu au Bourget en 2015. Elles doivent être officiellement adoptées d’ici le 18 décembre, lors de la prochaine COP.


Le signe que le sommet annuel sur le climat (la COP) sera important, c’est que les négociations préliminaires traînent. C’est le cas, cette année. Après s’être retrouvés, au printemps à Bonn, pour un premier round inter-COP, délégués nationaux et experts sont de nouveau réunis, cette semaine à Bangkok, pour une séance de rattrapage. Il ne s’agit plus, comme en 2015, de rédiger le squelette d’un grand accord planétaire.

Encore trois mois

La mission, cette fois, est d’édicter les règles d’application de l’Accord de Paris, fruit de la COP 21 du Bourget. Et pas question de traîner en route. Il avait fallu 6 années pour établir le mode d’emploi (d’une complexité inouïe, il est vrai) du protocole de Kyoto et de ses mécanismes. En 2015, la COP 21 a donné trois ans, pas plus, pour fixer les règles du jeu de l’Accord de Paris. Nous y sommes presque. Il ne reste que trois mois avant l’ouverture de la COP 24, qui se déroulera à Katowice (Pologne). Ce n’est pas trop.

sommaire chargé

Car il s’agit de définir comment seront rédigés les engagements climatiques nationaux (les NDC), pour pouvoir au mieux les évaluer, afin de les améliorer régulièrement. Les diplomates devront aussi définir les critères qui permettront de distinguer les financements relevant de l’aide publique (ou privée) classique de l’aide climatique internationale, les fameux 100 milliards de dollars annuels que les pays du Nord devront décaisser à partir de 2020.

mécanismes évolutifs

Autre chapitre à rédiger: la politique de transfert de compétences et de technologies des pays du Nord vers ceux du Sud. Autant de sujets qui sont liés et dont l’articulation devra survivre à la nécessaire adaptation des moyens à mettre en œuvre pour lutter contre le réchauffement.

texte de négociation

Pour Yamide Dagnet, la directrice de projets sur les négociations Climat du World Resources Institute (WRI), trois priorités s’imposent aux négociateurs: «Comprendre, clarifier et rationnaliser les options qui sont sur la table; traduire ces options en un langage juridique intégrable à une décision de la COP; produire un texte de négociation.»

prévoir l'arrivée de l'argent

Gebru Jember Endalew est moins conceptuel. Patron du groupe des pays les moins avancés (LDC), le négociateur éthiopien estime que le point crucial est l’argent. «Des milliers de milliards de dollars doivent être investis pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Elaborer les règles qui donneront de la prévisibilité aux flux monétaires est une clé qui permettra aux pays en développement de s’engager effectivement en faveur de l’action climatique.»

Interrogée ce lundi 3 septembre, la secrétaire générale de la convention Climat Patricia Espinosa a donné un seul conseil aux négociateurs: «Il faudra trouver le bon équilibre entre l’atténuation et les mesures d’adaptation.» Un bon équilibre qui résume la disparité des besoins et des attentes des 200 pays ou presque ayant ratifié l’Accord de Paris.



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